Rentrée universitaire : impréparation générale

13 Janvier 2021

La rentrée partielle annoncée pour le 4 janvier dans les universités par le ministère de l’Enseignement supérieur a été plus que chaotique. Les nombreux incidents qui ont eu lieu lors du passage des examens achèvent de donner une impression d’impréparation généralisée.

En théorie, les universités devaient accueillir par petits groupes les élèves jugés les plus fragiles, et 20 000 emplois étudiants devaient être créés pour permettre un système de tutorat. Dans la réalité, la situation est déplorable : personne ne sait comment sélectionner les élèves, comment gérer les cours en présentiel et à distance, selon quels emplois du temps... Quant aux emplois étudiants, ils se comptent sur les doigts d’une main : trois ont été créés à la faculté de lettres de Limoges, sur les 200 attendus.

Les problèmes se sont compliqués avec le passage des examens partiels du premier semestre : certaines universités avaient choisi de les faire passer sur site, d’autres à distance. Entre les salles de pause trop petites pour manger et les connexions Internet qui ne fonctionnaient pas, les examens ont parfois tourné au fiasco. D’autant plus que nombre d’élèves sont mis en difficulté par la tenue des cours à distance depuis des mois.

Certains ont protesté contre cette situation inadmissible, notamment en organisant un blocus sur trois sites de la Sorbonne. Le 7 janvier, la police est intervenue, blessant un étudiant et en interpellant deux autres. Il est vrai qu’il est plus facile d’envoyer des policiers matraquer des étudiants que de déployer des moyens humains et matériels en nombre suffisant, à la fois pour assurer les cours, le suivi des élèves et le passage des examens dans de bonnes conditions.

Un bel exemple du mépris dans lequel sont tenus non seulement les jeunes mais aussi les agents d’entretien et les enseignants, censés gérer cet immense désordre.

Camille PAGLIERI