Personnes handicapées : quelle indépendance financière ?

13 Janvier 2021

Une pétition circule sur les réseaux sociaux pour exiger du Sénat que soit adoptée la proposition de loi pour que l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ne varie pas en fonction des revenus de la famille.

L’AAH, dont le montant est de l’ordre de 900 euros au maximum, est en effet conditionnée au revenu du ménage. Si le conjoint ou la conjointe a un revenu supérieur à 1 100 euros, l’allocation devient dégressive, jusqu’à son arrêt lorsque les revenus du ménage dépassent une somme de l’ordre de 2 200 euros. La personne handicapée en couple avec un salarié en devient ainsi complètement dépendante. Elle l’est déjà parfois physiquement, mais la législation aggrave la situation en lui enlevant tout ou partie de son indépendance financière. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les femmes handicapées en particulier soient bien plus souvent victimes de violence ou maltraitance que les autres femmes faute de pouvoir quitter leur foyer.

Après avoir été rejetée en 2018, une proposition de loi a été adoptée, contre l’avis de la majorité et du gouvernement, juste avant la pandémie. Pour qu’elle devienne définitive, le parcours législatif doit se poursuivre avec l’adoption par le Sénat. Mais la secrétaire d’État aux Personnes handicapées y est toujours opposée, avançant le motif que l’argent manque et qu’il vaudrait mieux le consacrer à aider les employeurs afin qu’ils embauchent des personnes handicapées.

Cette situation est aussi celle des femmes qui vivent du RSA, souvent en ayant des enfants à charge, et qui, dès qu’elles se mettent en couple avec un salarié, se retrouvent dans une situation de dépendance économique.

Au lieu de dépendre de la situation de famille de la personne handicapée, le minimum serait que ces allocations soient individualisées.

Inès Rabah