Passer de la méfiance au contrôle

13 Janvier 2021

Sans être par principe contre la vaccination, de nombreux travailleurs n’envisagent pas de se faire vacciner, ou alors avec beaucoup de réticences.

Cette méfiance est alimentée par les multiples scandales qui ont concerné les industriels, ceux de la santé en particulier, et qui montrent comment ils soignent en premier lieu leurs profits, même si les utilisateurs ou consommateurs en paieront parfois les conséquences au prix de leur vie. La rapidité avec laquelle le vaccin a été mis au point alors que, face à de nombreuses maladies, les laboratoires ne trouvent pas de traitement, alimente les doutes.

De fait, les capacités techniques et scientifiques existent dès lors que la décision est prise de concentrer les recherches sur une maladie particulière. Et si les laboratoires y ont mis les moyens, souvent avec l’aide des États, c’est aussi parce que le Covid-19 frappe les populations de pays riches.

Mais il y a de quoi alimenter une méfiance, qui peut s’exercer d’ailleurs contre l’ensemble des activités des grandes entreprises, quels que soient les produits qu’elles fabriquent. Cette méfiance ne doit pas pour autant conduire à refuser tout ce qui vient d’elles et qui comporte aussi bien des progrès.

En revanche il faut imposer au monde des affaires, aux industriels, que chacun puisse dévoiler ce qui se passe dans son entreprise, en lien avec l’ensemble des travailleurs, de la conception à la production et à la distribution. Le monde du travail dans toute sa diversité a les compétences pour contrôler la production.

Le secret industriel et commercial permet à chaque capitaliste de se livrer à des malversations à l’abri des regards. Les travailleurs, en imposant collectivement leur contrôle sur la production, doivent mettre fin à ce secret.

Inès Rabah