Le Pen : derrière la façade de respectabilité

13 Janvier 2021

Marine Le Pen a fini par condamner avec les mêmes mots que tous les politiciens l’invasion du Capitole : « Tout acte de violence qui vise à attenter au processus démocratique est évidemment inadmissible », a-t-elle dit. Il avait fallu toutefois attendre le 7 janvier pour qu’elle reconnaisse la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle.

Le Pen cherche à s’adresser à ceux qu’enivrerait en France le cocktail d’idées d’extrême droite et de positions complotistes servi par Trump et ses adeptes. En même temps, comme elle brigue l’Élysée, elle veut, dans la situation actuelle, se construire et conserver une image de politicienne respectueuse des institutions, afin de se faire accepter de la bourgeoisie qui, jusqu’à présent, se satisfait de la routine politicienne et parlementaire.

Mais des sous-fifres du RN ont montré à cette occasion leur vrai visage, en prenant parti pour les militants d’extrême droite américains.

Ce n’est pas une surprise : derrière l’image lisse que Le Pen veut présenter, le Rassemblement national continue de charrier le racisme et d’encourager ceux qui seraient prêts à passer à l’acte contre les étrangers, les migrants, tous ceux présentés comme « des ennemis de la France ». Si la Le Pen légaliste et électoraliste était débordée demain par une extrême droite plus violente, elle et le RN l’auront bien couvée.

B. S.