Guadeloupe : mort lors d’un contrôle, qui sont les responsables ?

13 Janvier 2021

Le 21 novembre à 14 heures, Claude Jean-Pierre, dit Klodo, un habitant de Deshaies en Guadeloupe, âgé de 67 ans, subissait un contrôle de gendarmerie. Suite à cela, il aurait fait un malaise et a été conduit par le Samu au CHU. Là, des examens ont révélé qu’il portait des hématomes au visage et était atteint d’une double fracture des cervicales.

Quelques jours après, Claude est décédé. Les caméras de la ville ont filmé l’interpellation. Pour l’instant les vidéos ne sont pas publiées mais la famille et ses avocats les réclament. Une enquête pour homicide involontaire a semble-t-il été ouverte, mais depuis lors, la famille n’a pu obtenir aucune information sur les éléments du dossier. Elle a demandé le soutien d’organisations syndicales et politiques. Un collectif contre les violences des gendarmes a été constitué, qui a tenu une conférence de presse et appelé à une manifestation pour réclamer la vérité sur les circonstances de la mort, mais aussi pour dénoncer les violences policières en général.

Le collectif rappelle le meurtre de sang-froid commis contre un lycéen noir par un gendarme blanc, Charles-Henri Salin, le 18 novembre 1985 et celui de Didier Assor à Trois-Rivières, le 15 décembre 2018. Dans ce dernier cas, les gendarmes n’avaient pas cherché à neutraliser cet homme qui les menaçait avec un coutelas et l’avaient abattu.

Dimanche 10 janvier, la manifestation était organisée à Deshaies par la famille de Klodo, ses soutiens et des membres de 16 organisations, dont Combat ouvrier et le journal Rebelle !, le Parti Communiste guadeloupéen, des organisations syndicales : la CGTG et l’UGTG et des organisations nationalistes et anticolonialistes. Environ 400 personnes se sont regroupées devant la mairie, puis se sont rendues sur le lieu du contrôle des gendarmes et enfin devant la gendarmerie.

Les blessures ont-elles été infligées par les gendarmes lors de l’interpellation ? La vidéo des caméras de surveillance de la commune pourrait le révéler, mais pour l’instant elle reste secrète. De la part de la mairie, de la préfecture et de la police, c’est le silence. La famille et ses soutiens ont décidé de maintenir leur mobilisation jusqu’à obtenir des informations précises.

Marie-Céline Deshauteurs