Grande-Bretagne : Les dégâts de la privatisation

13 Janvier 2021

Depuis mars 2020, la gestion de la crise a été particulièrement inefficace du fait que Johnson en a confié des pans entiers à des entreprises privées, souvent dirigées par des proches de ses ministres, mais rarement compétentes en matière de santé.

Ainsi l’organisation des tests a été confiée aux bons soins du groupe Deloitte, un expert... en comptabilité. Ces groupes ont touché le pactole, en échange de services douteux, retardant la lutte contre le virus.

L’engorgement que vit ces jours-ci le système de santé britannique, et qui se traduit par des milliers de morts en réalité évitables, est plus fondamentalement le résultat de décennies de démantèlement. Mis en place en 1948 sous le nom de NHS (National Health Service – Service national de santé), ce système a été largement privatisé sous les gouvernements conservateurs de Thatcher et Major dans les années 1980-1990. Puis les travaillistes au pouvoir entre 1997 et 2010, loin de revenir sur ces reculs, ont généralisé les partenariats public-privé, laissant le système exsangue, sous-doté en moyens humains et matériels, et parasité par la finance. Le désastre en cours est l’aboutissement logique des coupes budgétaires criminelles imposées tour à tour par la droite et la gauche.

A. G.