FJT Lyon : ‘‘on n’est ni à l’hôtel ni en prison !’’

13 Janvier 2021

Dans plusieurs foyer de jeunes travailleurs (FJT) de Lyon, les résidents ne supportent plus les restrictions imposées au nom de la lutte contre le coronavirus.

En décembre, cela s’est exprimé dans un foyer par une pétition, une réunion et l’interpellation collective de la direction, dans un autre par un rassemblement.

Les deux périodes de confinement ont signifié l’isolement dans des chambres de 10 m2, la fermeture des espaces collectifs, parfois même des cuisines, et l’interdiction totale des visites. Déjà en temps normal celles-ci sont soumises à un règlement tatillon : il faut se signaler, prouver son identité, pour héberger quelqu’un il faut demander la permission et souvent payer. Mais dans ces conditions, comme le disaient des résidents, « on risque de devenir fou plus que d’attraper le Covid ».

Cela s’est accompagné d’une bonne dose de mépris. Une directrice se justifiait ainsi : « C’est vrai qu’on vous laisse moins de liberté qu’ailleurs, mais si on vous en donne plus, c’est vous qui demanderez plus de protection » ! La plupart des résidents sont majeurs, beaucoup ont continué de travailler pendant le confinement, et ils payent un loyer pouvant aller jusqu’à 450 euros. Alors, comme ils l’ont dit : « Ce n’est pas parce que c’est le confinement qu’il faut nous prendre pour des gamins ! » D’autant que les résidences pour étudiants ne connaissent pas les mêmes restrictions.

Après s’être rencontrés et s’être fait entendre sur ces problèmes, tous étaient contents d’avoir tenu tête à la direction. Depuis la mi-décembre, avec le déconfinement, les restrictions ont été un peu assouplies mais, avec les mesures à venir du gouvernement, il pourrait y avoir un retour de l’enfermement. Dans tous les cas, cette expérience de mobilisation collective sera utile à l’avenir.

Correspondant LO