Climat : gesticulations gouvernementales

13 Janvier 2021

En organisant à l’Élysée, mais surtout en visioconférence, la quatrième édition du One planet summit, Macron s’est mis en scène en sauveur d’une planète en danger de réchauffement climatique.

De cette réunion virtuelle de dirigeants politiques et de banquiers internationaux organisée le 11 janvier, il n’est presque rien sorti de concret. S’ils multiplient les sommets pour s’autoféliciter, ils ne décident rien qui soit contraire aux intérêts des grandes entreprises. On en est à la préparation de la 25e conférence sur la planète (COP) pour le climat et à la 15e COP sur la biodiversité. Elles servent de tribune pour parler d’urgence climatique, pendant qu’on repousse à un avenir incertain toute mesure qui contraindrait les capitalistes à rogner sur leurs profits pour tenir compte de l’environnement.

En France, il en va de même avec la loi Climat actuellement en discussion au sein du gouvernement et qui devrait être présentée officiellement en Conseil des ministres en février. Elle est censée mettre en œuvre les mesures préconisées par les 150 citoyens tirés au sort lors de la convention Climat. Mais, à la lecture des articles déjà rendus publics, les propositions de cette convention ne seront traduites dans la loi qu’après avoir été pour la plupart édulcorées, minimisées et rendues inopérantes.

Ainsi la publicité pour des marchandises polluantes, comme certaines grosses voitures sur la vente desquelles les constructeurs automobiles réalisent d’importantes marges, ne sera pas interdite. Tout juste demandera-t-on aux publicitaires et aux médias de s’engager à suivre un code de bonne conduite qui pèsera peu face aux 15 milliards d’euros annuels du marché publicitaire.

La notion d’écocide, c’est-à-dire de délit de destruction de l’écosystème, sera probablement présente dans la loi. Cela a été présenté comme une grande avancée par Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. Or les représentants du patronat sont à l’œuvre dans les couloirs ministériels pour éviter d’être ainsi menacés de lourdes condamnations. Ils agitent le traditionnel chantage à l’emploi, en assurant qu’une hypothétique réindustrialisation du pays serait entravée par une loi trop stricte, et font valoir qu’en cas de pollution industrielle ils préfèrent le dialogue avec un préfet à un affrontement avec un juge.

Les intentions de lutte pour l’environnement du gouvernement Macron, sur lesquelles il fait grand bruit, sont ainsi en train de se réduire, comme d’habitude, à pratiquement rien.

Lucien DÉTROIT