Arrêts maladie : face aux pressions des employeurs

13 Janvier 2021

Depuis le 10 janvier, le gouvernement a décidé une simplification de la procédure d’arrêt maladie en cas de symptômes du Covid. Une déclaration Internet devient suffisante pour déclencher l’indemnisation, sans aucun jour de carence.

L’objectif affiché est de lever les obstacles qui, en dissuadant les arrêts de travail, facilitent la propagation du virus. Près d’un an après le début de l’épidémie, ce n’est pas trop tôt !

Mais, même en l’absence de jour de carence, un arrêt maladie se solde parfois par une nette baisse de revenu, avec par exemple la disparition de certaines primes. Cette procédure facilitée n’enrayera pas non plus la pression hiérarchique qui conduit à ce que, d’après le ministère du Travail lui-même, les salariés passent au travail en moyenne un quart des jours où ils sont malades, des chiffres encore supérieurs en cas de mauvaises relations avec la hiérarchie, de forte charge de travail ou de crainte de perte d’emploi.

L’arrêt de travail des personnes contacts débute après réception d’un test positif par le malade et si le télétravail est impossible. En cas de symptôme, un test PCR doit être réalisé dans les deux jours, le maintien de l’arrêt étant conditionné à un résultat positif. Cette annonce n’en a pas moins suscité des réactions pleines de suspicion et de mépris de représentants du patronat, qui ont immédiatement brandi le spectre d’une explosion des arrêts et un risque de désorganisation de la production.

Ceux qui crient au loup pour une mesure facilitant un peu les arrêts maladie montrent leur mentalité d’exploiteurs. Ce sont les mêmes qui refusent tout contrôle quand ils bénéficient d’aides publiques pour créer des emplois… que l’on ne voit jamais venir !

S. K.