Prêts garantis par l’État : bonne affaire pour la bourgeoisie

06 Janvier 2021

Dès les premiers jours du confinement le 23 mars dernier, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, officialisait la mise en place de prêts garantis par l’État (PGE), officiellement créés pour faire face à l’arrêt brutal de certains secteurs de l’économie.

Le gouvernement prétendait ainsi sauver les petites entreprises ayant des difficultés à trouver un prêt. Elles pouvaient emprunter auprès des banques l’équivalent du quart de leur chiffre d’affaires, avec une garantie de l’État allant jusqu’à 90 %.

Si 630 000 entreprises ont bénéficié en 2020 d’un PGE, certaines sont cependant très loin de l’autoentrepreneur d’Uber devant payer l’emprunt de sa voiture, ou du petit épicier menacé d’expulsion par son bailleur. Parmi les heureux bénéficiaires de PGE, on trouve des clubs de football comme l’Olympique Lyonnais, qui a obtenu d’abord 92,6 millions d’euros, puis 76,4 millions d’euros. On trouve aussi de grands groupes de la distribution comme les Galeries Lafayette, avec 300 millions d’euros. Enfin ce sont des mastodontes comme dernièrement le groupe Lagardère, qui a reçu 465 millions d’euros. De quoi voir venir !

Mais ce ne sont pas seulement de telles grandes entreprises, loin d’être sur la paille, qui en ont bénéficié. Pour les banques, les PGE sont devenus le produit star de l’année. Elles ont ainsi distribué 130 milliards d’euros sous forme de PGE, dont 105 milliards en trois mois seulement. L’État assume les risques et elles touchent les intérêts.

Mais les premières échéances vont arriver et de nombreuses petites entreprises qui ont dû payer leurs frais courants grâce à leur PGE affichent des difficultés croissantes et craignent de ne pouvoir rembourser. Les banques poussent déjà des hauts cris pour que l’État leur épargne la moindre perte.

Toujours à l’écoute du sort de ces pauvres banquiers, le gouvernement a commencé à mettre en place un nouveau système d’aide. Prenant la relève des PGE, il prévoit des prêts participatifs garantissant de nouveaux délais de paiement, et bien sûr des bénéfices supplémentaires à la finance.

Gilles BOTI