Police : bavures couvertes par le gouvernement

06 Janvier 2021

Dimanche 3 janvier, plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche en mémoire de Cédric Chouviat, mort à la suite d’un contrôle de police un an auparavant, le 3 janvier 2020.

Ce livreur en scooter avait été interpellé, plaqué au sol, et bien qu’il ait à sept reprises dit qu’il étouffait, les policiers n’ont pas cessé de le maintenir au sol. Mort 48 heures plus tard à l’hôpital, son autopsie a révélé une fracture du larynx.

Les raisons de son interpellation et du dérapage qui a conduit à son décès sont restés floues, la version des policiers ne correspondant pas aux vidéos prises par plusieurs témoins.

La famille de Cédric Chouviat a demandé une nouvelle fois la suspension immédiate des policiers concernés. Elle revendique aussi l’arrêt de ces plaquages dangereux et déjà interdits dans plusieurs pays. Ce n’est qu’au mois de juin 2020 que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a finalement interdit cette pratique, au moins partiellement. Le mois suivant, en partie sous la pression des policiers, il a été remplacé par Darmanin. Et de nombreuses interpellations continuent à être l’occasion d’un acharnement totalement disproportionné des forces de police.

Le gouvernement ne veut pas s’en prendre aux policiers. Il en a trop besoin alors qu’il tente de réduire les protestations par une politique de répression des manifestations, afin de dissuader le plus grand nombre d’y participer.

Le gouvernement voudrait ajouter la loi de Sécurité globale à l’arsenal juridique existant. Désormais, la diffusion des vidéos mettant en cause des policiers serait interdite sous prétexte de les protéger de violences, alors que cette diffusion a été souvent à l’origine de la dénonciation des pratiques policières et des bavures de ces dernières années. Cette loi donnerait aussi plus de pouvoirs à la police municipale, ouvrirait la possibilité d’utiliser des polices privées, et des drones pour surveiller les manifestations et la population. Ce projet de loi va donc dans le sens du renforcement du caractère autoritaire de l’État et de sa politique.

Au-delà de quelques déclarations et péripéties qui ont retardé l’adoption de la loi, le pouvoir veut couvrir son appareil de répression, comme il l’a toujours fait. Il veut même lui donner licence d’être encore plus violent face aux protestations et aux conflits sociaux.

Inès Rabah