Milliardaires : les profiteurs de la crise

06 Janvier 2021

En 2020, la fortune des milliardaires européens a augmenté de 14 %, celle des milliardaires d’Amérique du Nord de 25 % et celle de ceux d’Asie de 50 %.

Propriétaires d’actions, ils ont bénéficié des fluctuations de la Bourse. À ce jeu-là, le grand gagnant est Elon Musk, propriétaire à 20 % du groupe Tesla. Le cours des actions du groupe a bondi de 700 %, ce qui fait augmenter son patrimoine de 130 milliards de dollars sur cette seule année. Le 20 juillet 2020, le cours de l’action Amazon a augmenté de 8 %. En une journée, la fortune de son patron, Jeff Bezos, a augmenté de treize milliards de dollars, faisant de lui l’homme le plus riche du monde.

Ces fortunes sont aussi nourries par les plans de relance des États et les soutiens des banques centrales, dont l’ampleur s’est accrue depuis la crise de 2008 et qui alimentent principalement les plus grosses entreprises et les circuits financiers. Il n’y a pourtant rien de magique dans ce gonflement des fortunes des milliardaires. Ils peuvent jouer des milliards à la Bourse, mais l’économie ne peut fonctionner que grâce aux richesses créées par l’exploitation des travailleurs et par son accroissement. La spéculation financière leur permet seulement de récupérer la part la plus grande de cette richesse globale.

C’est par la guerre économique menée contre les travailleurs du monde entier que ces milliardaires ajoutent des zéros à leurs comptes en banque. Ici, cela se traduit par l’accroissement de la pauvreté, du chômage, l’augmentation des cadences au travail, mais aussi la destruction des services publics. Ailleurs, cette guerre entraîne le glissement dans le chaos de régions entières de la planète.

Léa Portier