Air France : un accord inacceptable

06 Janvier 2021

La plupart des organisations syndicales d’Air France, sauf la CGT et Sud aérien, viennent de signer un accord APLD (activité partielle de longue durée) avec la direction.

Il prévoit que, dans la limite de 24 mois et durant une période de 36 mois consécutifs à partir de ce mois de janvier, la direction pourra appliquer à sa guise le chômage partiel. Et cela même si la moyenne du chômage partiel sur deux ans ne devra pas excéder 40 % de non-activité, moyenne pouvant atteindre 50 % par dérogation pour les six premiers mois de cette année.

Dans la brochure sur le sujet qu’Air France a fournie aux syndicats, la direction donne un exemple de ce qu’elle pourra faire en fonction de ses seuls intérêts. Et il n’a pas été choisi au hasard, car il correspond à ce qu’elle envisage comme reprise du trafic aérien. Cela donne, pour la période 2021-2022 : le premier semestre à 100 % de chômage, le second à 40 %, le troisième à 20 % et le dernier avec une reprise du travail à temps plein.

Cette flexibilité à haute dose ne lui coûtera pas grand-chose, car c’est l’État qui subventionnera ce chômage avec les deniers publics. Cela lui permettra de ne pas se séparer d’une main-d’œuvre qualifiée, qu’elle aurait sinon bien du mal à retrouver dès que l’activité redémarrera.

Et puis, la direction voudrait aussi voir ses travailleurs s’habituer à une perte salariale de 16 % à chaque jour non travaillé. Pour nombre d’entre eux, du fait de la baisse des primes liées au travail effectué, la perte est de plusieurs centaines d’euros par mois et pourrait à ce rythme atteindre jusqu’à une dizaine de milliers d’euros, puisque le chômage partiel s’applique depuis mars 2020.

Alors, signature ou pas, et quel que soit le pourcentage que la direction d’Air France appliquera, pour ses salariés, c’est 100 % pas d’accord.

Correspondant LO