STMicroelectronics : les travailleurs se font entendre

29 Décembre 2020

Fin octobre, STMicroelectronics annonçait le blocage des salaires pour 2020. Les ouvriers, opérateurs du site de Grenoble où travaillent 1 800 ingénieurs et techniciens, n’ont pas accepté ce zéro pour cent d’augmentation et ont très majoritairement débrayé, à 80 voire 90 %, selon les équipes.

Quelques jours après, le mouvement s’étendait à ceux de l’usine de production de Crolles, à une vingtaine de kilomètres de là, où travaillent 4 000 salariés, dont environ 2 000 à la production. Cette colère s’exprimait après une année de travail intense, même pendant le confinement, et l’annonce du maintien du chiffre d’affaires.

Sur le site de Crolles, après cinq semaines de débrayages et de rassem- blements, à un peu plus de 200, malgré les pressions antigrève de la direction, condamnées par l’inspecteur du Travail, les grévistes ont imposé des reculs à celle-ci. Ils ont obtenu une prime de reprise de 250 euros pour tous les opérateurs et une augmentation de 30 euros de la prime industrielle mensuelle, ainsi qu’une augmentation de 22 euros d’une prime mensuelle réservée aux techniciens et quelques promesses de promotions diverses.

En revanche, à Grenoble, la direction ne lâche rien, prétextant que les rémunérations sont déjà plus élevées. Après huit semaines de débrayages, les salariés sont solidaires et font bloc. La dernière illustration en a été la réaction collective face à un chef qui demandait de rattraper le retard dû aux grèves : l’équipe n’a pas accepté cette provocation et a arrêté le travail durant le poste.

Si le mouvement s’est interrompu à Grenoble pendant les fêtes de fin d’année, il doit reprendre début 2021. Les grévistes ont pu mesurer l’intransigeance des patrons et la complicité d’un État qui, bien qu’actionnaire à 12 % de l’entreprise, ne dit mot et continue de l’arroser d’aides publiques massives et diverses.

Correspondant LO