Sans-papiers : 700 naturalisations pour combien d’expulsions ?

29 Décembre 2020

Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la Citoyenneté, s’est félicitée mardi 22 décembre de la naturalisation annoncée de 700 travailleurs sans papiers. « Ils ont prouvé leur attachement à la nation, c’est désormais à la République de faire un pas vers eux », a-t-elle déclaré.

En temps normal, les naturalisations se font au compte-gouttes : il faut prouver qu’on comprend le français et même qu’on connaît le nom des fleuves et de politiciens morts depuis un certain temps. Aujourd’hui, les dossiers seront soigneusement choisis parmi ceux qui étaient « en première ligne » lors de l’épidémie : caissiers, personnels de santé, gardes d’enfants... Le gouvernement veut montrer qu’être français se mérite. Mais c’est surtout une façon pour lui de diviser les travailleurs, non seulement entre Français et immigrés, mais aussi entre bons et mauvais étrangers. Il sert ainsi, comme à son habitude, les intérêts du patronat, qui sait jouer des peurs et des divisions pour baisser les salaires et aggraver l’exploitation.

Il y aurait en France entre 300 000 et 500 000 travailleurs sans papiers, selon les associations : pendant le confinement, ils ont livré les repas, chargé les colis, pris soin des personnes âgées. Dès juin dernier, ils sont descendus par milliers dans les rues pour réclamer leur régularisation, le droit de pouvoir vivre comme tout le monde. Alors les 700 naturalisations claironnées ne font que souligner le mépris du gouvernement pour tous ces travailleurs.

Ce sont les travailleurs, français comme immigrés, réguliers ou non, qui font tourner la société. Ils doivent avoir les mêmes droits. Régularisation de tous les sans-papiers !

Camille PAGLIERI