Minima sociaux : toujours plus d’inscrits

29 Décembre 2020

La Drees, l’organisme de statistiques du ministère des Solidarités et de la Santé, vient de publier une étude sur l’augmentation du nombre de bénéficiaires des minima sociaux.

Fin octobre 2020, plus de 2 millions de personnes percevaient le RSA, soit 8,5 % de plus que l’année précédente à la même date. « Ce n’est pas une surprise, étant donnée la violence de la crise, mais un tel rythme de dégradation n’a jamais été observé », commente un spécialiste de la protection sociale. Le nombre de bénéficiaires de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), perçue par les chômeurs en fin de droits, a lui aussi augmenté, de 10,7 % entre mai et septembre.

Ces chiffres ne font que confirmer ceux des associations humanitaires qui alertent depuis des mois sur l’augmentation de la pauvreté, du recours à l’aide alimentaire, des impayés de loyers… Dès le début de la crise sanitaire, les travailleurs les plus précaires, intérimaires, CDD, travailleurs à temps partiel, autoentrepreneurs, l’ont subie de plein fouet. Beaucoup se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi, quelquefois sans droit à une allocation chômage, d’autant plus que la durée de travail nécessaire pour avoir droit à une allocation a augmenté depuis novembre 2019. Pour les chômeurs indemnisés, les allocations ont été prolongées pendant les périodes de confinement, mais entre temps beaucoup se sont retrouvés en fin de droits.

Le recours massif au chômage partiel a limité ou retardé les licenciements mais aussi permis au patronat de conserver, aux frais de l’État, une main-d’œuvre compétente. Si bien des travailleurs ont ainsi évité le chômage, la perte de 16 % du salaire a été synonyme de difficultés pour beaucoup. Mais les mêmes entreprises qui ont bénéficié de cette aide ont souvent prévu de supprimer des milliers d’emplois dans les mois qui viennent, quelle que soit l’évolution de la crise sanitaire. La crise économique capitaliste avait commencé avant le coronavirus, et elle se poursuivra après. Pour survivre face aux concurrents, et pour augmenter ses profits en pleine crise, le grand patronat mène une véritable guerre. Elle se traduit par la suppression de milliers d’emplois et par l’augmentation de l’exploitation.

Hélène COMTE