Mali : dehors les troupes françaises !

29 Décembre 2020

Mardi 28 décembre, un engin blindé de l’armée française a sauté sur une mine dans le nord désertique du Mali. Trois jeunes soldats y ont laissé la vie. Aussitôt l’Élysée a assuré que les 5 000 soldats français présents sur place continueraient leur mission « contre le terrorisme ».

Mais de quelle mission s’agit-il réellement ? Le pillage de l’Afrique, avec une petite part pour les dictateurs locaux, une énorme pour les trusts occidentaux, a conduit les pays les plus pauvres comme le Mali à une situation catastrophique, encore aggravée par la crise mondiale. Les bandes armées, constituées sur des bases religieuses, ethniques ou simplement mafieuses, rançonnent la population en prétendant la protéger. Les forces légales, l’armée et la police équipées par la France, ne sont qu’une des bandes armées parmi d’autres, capables de crimes et d’exactions tout comme les djihadistes et les gangsters qu’elles sont censées combattre.

Depuis 2013, l’armée française intervient au Mali et dans tous les pays voisins officiellement dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme ». Loin d’améliorer la situation, cette intervention a amplifié le chaos, conduisant même à un coup d’État cet été. Le nouveau pouvoir, limité au terrain que ses soldats peuvent couvrir, s’est en partie appuyé sur le ressentiment à l’encontre de l’armée française, pour renverser le précédent, trop compromis avec l’ancienne puissance coloniale. Depuis, il y a eu l’échange de prisonniers, amenant à la libération des otages occidentaux et des prisonniers djihadistes, puis l’annonce de l’exécution par l’armée française de dizaines de combattants en novembre. Tout cela s’est fait dans l’opacité, l’armée et les services de l’État fabriquant eux-mêmes les informations.

Les trois soldats tués allongent la liste des 45 autres qui l’ont été depuis le début de l’opération, venant rappeler que celle-ci n’a rien réglé, ni ne peut rien régler. L’histoire tout entière du pillage du continent noir par l’impérialisme et de sa perpétuation amène à un résultat catastrophique et sans issue. L’impérialisme français veut maintenir sa présence et son rang dans cette partie du monde, la guerre contre le terrorisme n’est qu’un prétexte devenu usuel. La réalité est que cette présence contribue à transformer la vie de la population malienne en enfer. Il faut exiger que l’armée française quitte l’Afrique immédiatement et sans condition.

Paul GALOIS