Hop ! : suppressions d’emplois, c’est non !

29 Décembre 2020

Le CSE de Hop !, la filiale d’Air France qui assure les courts-courriers, a rejeté le 24 décembre un plan de suppression de 1 000 emplois sur 2 400.

Le plan de départs volontaires concerne des pilotes, des hôtesses et stewards, et des personnels au sol. Certains pilotes pourraient être repris chez Air France, mais seulement comme copilotes, et les commandants de bord pourraient perdre, avec leurs galons, jusqu’à la moitié de leur salaire. Une partie des hôtesses et stewards pourraient aussi être repris chez Air France, mais sans leur ancienneté. Ils seraient affectés à des postes et avec des salaires de débutants. Quant au personnel au sol, il pourrait être reclassé avec son ancienneté et avec un salaire équivalent, mais à Roissy, alors que la majorité travaille à Morlaix ou à Lille, avec une menace de licenciement en cas de refus de mutation.

La restructuration du groupe Air France était déjà prévue avant la pandémie. La majorité des liaisons intérieures, moins rentables, devraient être transférées à Transavia, la compagnie low cost du groupe.

Face à la paralysie du trafic aérien et aux pertes de chiffre d’affaires cette année, l’État a volé au secours d’Air France fin avril avec 7 milliards d’aides, auxquelles devraient désormais s’ajouter 4 à 5 milliards supplémentaires. Mais avec ces aides, l’État ne cherche nullement à empêcher les suppressions d’emplois, ni chez Hop !, ni dans l’ensemble du groupe Air France, qui en prévoit plus de 8 000.

Malgré la baisse du trafic aérien et les pertes de cette année, la direction d’Air France a renouvelé une partie de ses avions et vise un retour à 7 % de bénéfice pour 2023. Les suppressions d’emplois, les baisses de salaires, l’exploitation accrue, sont pour Air France le moyen de faire payer par le personnel ce retour des bénéfices, et l’État, quand il met la main à la poche, n’y trouve rien à redire.

Alors, même si la direction de Hop ! présente son plan comme consistant en départs volontaires et en reclassements, il est inacceptable !

Hélène COMTE