Féminicides : bilan accablant

29 Décembre 2020

Mardi 22 décembre la gendarmerie de Saint-Just dans le Puy-de-Dôme est intervenue pour secourir une femme menacée par son compagnon. L’homme en question, lourdement armé, a tiré et tué trois gendarmes, puis a pris la fuite après avoir mis le feu à la maison et s’est finalement suicidé.

Le gouvernement, Macron et Darmanin en tête, suivi par les médias, a immédiatement utilisé cette sinistre affaire pour redorer le blason policier terni par les multiples bavures et violences de ces derniers mois. Cet emploi propagandiste de la mort de trois gendarmes masque le fond de l’affaire : une fois de plus une femme était menacée par son compagnon, une fois de plus des plaintes et des signalements existaient qui pouvaient laisser craindre le pire, une fois de plus l’État n’a pas jugé utile ou possible de la protéger. De plus, dans ce cas précis, on peut imaginer qu’une intervention avant la situation paroxystique aurait évité les meurtres.

Mais, la plupart du temps, policiers et gendarmes arrivent après les faits. Ainsi, 152 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2019, 225 000 ont, suivant les associations féministes, subi des violences. Le drame de Saint-Just a été précédé par celui de Domont, dans le Val-d’Oise. Le 17 décembre un homme y a assassiné son épouse, après l’avoir menacée pendant des mois, après qu’elle avait déposé plainte à plusieurs reprises et que des violences avaient été commises en public. Son avocat n’a pu que constater que le « système judiciaire a fait comme il a pu, mais il a failli quand même ».

Devant les exigences des associations féministes, le gouvernement et spécialement Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée du dossier jusqu’en juillet dernier, n’ont pas été avares de discours sur la lutte contre les violences faites aux femmes. Mais rien n’a changé. L’année 2020 se terminera comme la précédente sur le décompte des femmes assassinées et le constat que l’État n’est pas là, ou bien trop rarement, pour protéger les victimes de violences conjugales.

Paul GALOIS