Covid-19 : vaccin et incurie gouvernementale

29 Décembre 2020

Toutes les chaînes ont filmé la première personne à avoir été vaccinée contre le Covid-19. On sait donc qu’elle s’appelle Mauricette, qu’elle a 78 ans et que cela s’est passé à l’hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis, un département où le virus a fait 1 500 morts.

Outre des soignants, parmi la vingtaine de premiers bénéficiaires du vaccin on trouve aussi des résidents du centre gériatrique Champmaillot, qui dépend du CHU de Dijon. Mais la campagne vaccinale débutera vraiment le 4 janvier. Centrée sur les Ehpad, elle concernera d’abord 23 établissements des régions de Paris, Lyon, Lille et Tours, puis s’étendra au reste des 7 000 Ehpad. D’ici au printemps, elle devrait s’élargir à tous les retraités de 65 ans et plus et, ensuite, à tous les plus de 16 ans. Cela sera volontaire, et non pas obligatoire.

Fin décembre, la France comptait au titre du Covid-19 plus de 2,55 millions de cas confirmés, près de 25 000 patients hospitalisés, dont 2 650 en réanimation, et totalisait 62 700 décès. Face à cela, on ne peut qu’être soulagés de savoir que les chercheurs ont trouvé et élaboré un vaccin en un temps record. Et cela même s’il en existe de plusieurs sortes, course au profit et concurrence entre grands groupes pharmaceutiques obligent.

Pour stopper les ravages du virus, c’est à une vaccination généralisée, la plus rapide possible, qu’il faudrait procéder. On le fait heureusement pour d’autres fléaux, telles la rougeole et d’autres maladies infectieuses, contre lesquelles on immunise très tôt la population, au moins dans les pays riches.

Selon un sondage datant de mi-décembre, que Le Journal du Dimanche a publié, 56 % des sondés ne souhaiteraient pas se faire vacciner. S’il existe des « ­antivaccins » par principe, cette méfiance est due sans doute moins à des a priori qu’à l’expérience concrète de la façon dont le gouvernement a géré la crise sanitaire.

Car on l’a vu dire une chose un jour, et le contraire le lendemain. Ou invoquer des considérations dites scientifiques pour envoyer les soignants au front sans protection, et laisser bien d’autres salariés aller au travail, malgré le risque d’y être contaminés, comme dans des transports en commun bondés. Et cela alors que ministres et officiels se succédaient à la télévision pour faire la leçon à tous sur le respect des gestes barrières !

Cette méfiance s’est aussi nourrie de scandales sanitaires répétés, comme celui du Mediator. Et tout le monde a vu la course au profit, effrénée, indécente, des géants de la pharmacie pour être le premier, « coûte que coûte » dirait Macron, à sortir un vaccin, et surtout à décrocher le très gros lot pour leurs actionnaires.

Une campagne a maintenant débuté dans les médias, à l’initiative du gouvernement, pour inciter la population à se faire vacciner, arguments scientifiques à l’appui, accompagnée d’une leçon de morale. Mais Macron et ses ministres sont à la peine, et cela se comprend, tant ils ont fait la preuve de leur incurie, de leur irresponsabilité, et de leur soumission aux intérêts des puissances d’argent.

Pierre LAFFITTE