Police : les preuves d’amour du gouvernement

22 Décembre 2020

Les syndicats de police ont été reçus le 18 décembre par le ministre de l’Intérieur Darmanin. Cherchant à répondre au mouvement de protestation qui agite une partie de la police depuis plusieurs semaines, il a confirmé la mise en œuvre de mesures promises en décembre.

Des actions de policiers se sont en effet multipliées après l’interview de Macron au média Brut le 4 décembre où, reconnaissant que les contrôles au faciès sont une réalité, il les a qualifiés d’« insoutenables ». Des policiers se sont livrés à des contrôles systématiques de voitures à Melun, Marseille ou Dijon, quitte à provoquer des embouteillages. Dans d’autres villes, ils ont au contraire mené une grève du contrôle. Des manifestations nocturnes de policiers ont eu lieu devant l’Arc de triomphe, devant le palais de justice de Tours, ou devant le domicile de la maire de Rennes. En Isère, des demandes de rupture conventionnelle ont été déposées par une partie des agents.

En annonçant la tenue d’un « Beauvau de la sécurité » en janvier, le gouvernement avait déjà fait un geste en direction des syndicats de policiers. Mais ceux-ci voulaient sans attendre pouvoir présenter à leurs adhérents des mesures concrètes. Le gouvernement a donc annoncé la prise en charge de la complémentaire santé, la gratuité du transport domicile-travail et la création d’un « observatoire de la réponse pénale aux faits commis contre les forces de l’ordre ». Le syndicat Alliance, majoritaire dans la police, s’en est félicité, en clamant : « Le rapport de force a payé .»

L’avenir dira si ces mesures suffiront à calmer les policiers. En tout cas, l’attitude de Darmanin ne peut que les encourager à se sentir tout permis. Le gouvernement en est tout à fait conscient, mais contre la population il a trop besoin de pouvoir utiliser la politique de la matraque pour se mettre à dos ceux qui la manient.

Thomas Baumer