Identitaires relaxés : des actions méprisables et ceux qui les encouragent

22 Décembre 2020

Jugés pour une action antimigrants dans les Alpes, l’organisation d’extrême droite Génération identitaire et trois de ses membres ont été relaxés en appel.

En 2018, 80 membres de cette organisation avaient profité de la complaisance des autorités pour réaliser un coup médiatique, en montant un faux poste frontière dans les Hautes-Alpes, au col de l’Échelle près de la frontière italienne, et en déployant une banderole antimigrants tout en paradant avec deux hélicoptères, des quads et des pick-up. Ils s’étaient ensuite vantés d’avoir empêché manu militari des personnes de passer la frontière.

Condamnés une première fois à six mois de prison ferme pour avoir agi en lieu et place de la police, trois de ces individus et leur groupe viennent d’être relaxés en appel, au motif qu’on ne pouvait pas les confondre avec de vrais policiers. Quant aux migrants qu’ils auraient arrêtés, ils se seraient contentés alors de les remettre aux autorités françaises. C’est abject, mais légal.

Ce groupe raciste avait déjà fait parler de lui en 2012, en déployant une banderole anti-islam sur le toit d’une mosquée, à Poitiers. Le gouvernement laisse entendre qu’il pourrait être dissous. Ces apprentis fascistes ne peuvent pourtant que se sentir encouragés par sa politique, consistant à fermer les frontières aux migrants, à refuser de régulariser ceux qui sont parfois en France depuis des années et à envoyer la police déloger ceux qui tentent de s’abriter, à Calais ou ailleurs.

En revanche, ceux qui aident les migrants sont, eux, poursuivis : sept des participants à la manifestation de solidarité organisée en réaction à la démonstration xénophobe des identitaires sont toujours condamnés à des peines de prison, pour « avoir facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France d’étrangers. »

J.L.G.