épidémie : les yeux fermés, le gouvernement navigue à vue

22 Décembre 2020

Si tous les gouvernements européens ont mis en avant la nécessité de préserver les fêtes de Noël, leur préoccupation est avant tout liée à l’importance commerciale de cette période.

Mais les exemples de Thanksgiving au Canada et aux USA ont montré que les réunions de famille rassemblant plusieurs générations représentent un risque important. Cela explique en grande partie les mesures prises en Allemagne notamment avec la fermeture des écoles et d’une grande partie des commerces une semaine avant les fêtes, ou les restrictions annoncées en Italie. Suivant cette même logique, en France, le Conseil scientifique a préconisé de s’autoconfiner à partir du 17 décembre. Il reconnaît au passage pour la première fois le risque important de contamination découlant de l’ouverture des écoles.

Le confinement partiel qui avait débuté fin octobre a été progressivement allégé avec la réouverture des magasins puis s’est transformé en couvre-feu. Dans toute la période, les écoles, collèges, lycées et une grande partie des entreprises ont fonctionné normalement avec très peu de précautions sanitaires. Le gouvernement a ainsi tenté de lutter contre l’épidémie sans faire courir de risques aux profits patronaux. Cela a semblé fonctionner dans un premier temps mais, peut-être à cause de la vague de froid, l’épidémie s’est stabilisée puis le nombre de contagions a commencé à remonter.

Une grande partie de la Grande-Bretagne s’est maintenant reconfinée en urgence et a annulé quasiment toute festivité à Noël à cause d’un nouveau variant du virus qui serait nettement plus contagieux. Ce variant a déjà été repéré aux Pays-Bas, au Danemark et en Italie mais également en Australie et peut-être en Afrique du Sud.

En tout cas, le virus continue de circuler largement à moins d’une semaine des réunions familiales, et l’impuissance des gouvernements à contrôler l’épidémie est évidente. En France le Conseil scientifique conseille… de se débrouiller et de faire attention.

En cas de problème, nul doute que tous accuseront la population de s’être relâchée mais ceux qui dirigent cette société sont bien ceux qui portent l’entière responsabilité de la situation.

Jean POLLUS