Transport aérien : les actionnaires coûtent cher

16 Décembre 2020

Le ministre des Transports a annoncé qu’il allait aider le groupe Air France-KLM. Après avoir accordé 7 milliards d’euros à Air France, il envisage d’en ajouter 4 à 5.

De son côté, de Juniac, l’ancien PDG d’Air France et actuel directeur général de l’IATA (Association internationale du transport aérien), a déclaré que les compagnies aériennes allaient avoir encore besoin de 70 à 80 milliards de dollars d’aides supplémentaires.

Il ne s’agit pas de sauver les emplois, puisque Air France pousse des milliers d’agents au départ volontaire. Il s’agit de renflouer les actionnaires, « quoi qu’il en coûte », comme dirait Macron.

Il y a une vingtaine d’années, quand Air France, déjà remis à flot par l’État, recommença à faire des profits, le gouvernement PS-PCF d’alors, celui de Jospin, ouvrit le capital de la compagnie aux parasites de la finance. Les mêmes parasites, après avoir accumulé et empoché les bénéfices, appellent maintenant l’État à la rescousse pour qu’il recapitalise Air France. Privatiser les bénéfices, nationaliser les pertes, ce sont les deux faces d’une même politique de l’État au service des gros actionnaires.

Comme il n’y a pas de petit bénéfice pour ces gens-là, on a même vu Flying Blue, le programme de fidélité d’AF-KLM, demander à ses membres d’offrir leurs miles (des primes accordées aux « voyageurs fréquents ») au personnel soignant. Une façon pour la compagnie de soigner son image sans bourse délier.

Si, disent-elles, le présent est morose, les directions des compagnies se projettent toutes dans l’avenir. Le patron d’Air France a déclaré que Transavia, compagnie low-cost d’AF-KLM, sera un « atout précieux » lors de la reprise. Profitant de la crise, il a de fait liquidé son autre compagnie low cost, Hop !, et transféré ses créneaux (ses droits de décollage et d’atterrissage) à Transavia, où les hôtesses et stewards sont payés nettement moins.

Du côté des autres compagnies, low cost ou non, opérant en France, le tableau est le même. L’État vient ainsi d’accorder 80 millions à Corsair dans le cadre d’un plan d’aide globale de 300 millions. Ryanair, lui, annonce qu’après la crise du Covid « la baisse des coûts permettra de capitaliser sur les nombreuses opportunités particulièrement là où les compagnies concurrentes ont tranché dans leurs capacités ou fait faillite ». En clair, comme ses concurrentes, Ryanair s’affute les dents pour dévorer les compagnies qui battraient de l’aile, tout comme d’ailleurs Easy Jet.

Correspondant LO