SMRC Rougegoutte : en grève contre le vol des pauses

16 Décembre 2020

La quasi-totalité des ouvriers de l’équipe de nuit, dont des intérimaires des deux bâtiments de l’usine SMRC (ex-Reydel) de Rougegoutte, dans le Territoire de Belfort, ont débrayé entre 22 heures et 1 heure dans la nuit du 7 décembre. Dans la foulée, ceux de l’équipe du matin et de l’après-midi se sont mis en grève.

SMRC est un sous-traitant produisant des panneaux de porte et des planches de bord uniquement pour l’usine PSA de Sochaux, à quelques kilomètres de là. La majorité des ouvriers en grève ont refusé la décision de la direction SMRC selon laquelle à partir du 2 mars, au nom de la compétitivité, les 586 ouvriers en équipe, dont 300 intérimaires, n’auraient plus que trente minutes de pause après la suppression de deux pauses de dix minutes. La cadence est passée de 64 à 74 pièces par heure en six mois. Faire chaque planche de bord en 48 secondes engendre des douleurs liées aux gestes répétitifs et, pour les grévistes, perdre vingt minutes de pause est insupportable.

L’accès de l’usine leur étant interdit, plus d’une centaine de grévistes par équipe sont tous les jours rassemblés sur le parking tous en même temps, depuis le vendredi 11 décembre. Derrière le vol des pauses se profile l’accord de compétitivité de SMRC refusé par les syndicats CGT, FO, CGC, qui soutiennent la grève. Il comporte la suppression d’une partie des quinze jours de RTT, la baisse de la majoration des heures de nuit de 20 à 10 %.

Conscients des attaques à venir, les grévistes étaient d’autant plus déterminés que SMRC va toucher 800 000 euros du plan gouvernemental d’aide à la relance des entreprises, et que l’État l’a indemnisé intégralement de l’activité partielle de la période du confinement.

La direction prend ainsi prétexte de la crise sanitaire pour remettre en cause les conditions de vie et de travail à l’usine, les rendant de plus en plus insupportables.

Après une semaine de grève, la direction de SMRC a dû reporter la suppression des pauses à une date ultérieure et octroyer une prime de 150 euros.

Les grévistes ont repris le travail, fiers de s’être fait respecter.

Correspondant LO