Milliardaires, brexiteurs et menteurs

16 Décembre 2020

Jim Ratcliff, présenté comme la première fortune de Grande-Bretagne avec ses 21 milliards de livres, est un chaud partisan du Brexit.

Il déclarait en 2015 : « Les Britanniques sont parfaitement capables de s’occuper d’eux-mêmes et n’ont pas besoin que Bruxelles leur dise ce qu’ils devraient faire. » En même temps, pour se préserver de l’impôt, Ratcliff installait en 2018 le siège de son groupe à Monaco.

Ce même milliardaire prêchant le nationalisme, déjà lié au groupe Daimler-Mercedes avec la course automobile, a fait encore plus fort. Après avoir promis de créer une grande usine automobile en Écosse, il annonçait en juillet dernier l’abandon de ce projet pour l’installer en France, en Moselle, dans le cadre d’un arrangement fructueux avec Daimler, sur le dos des 1 600 salariés de la Smart et de ses sous-traitants.

Il n’est pas le seul à concilier discours nationaliste et optimisation internationale des profits. Jacob Rees- Mogg, brexiteur notoire, a lancé en Irlande (qui reste dans l’Union européenne) deux fonds d’investissement. Un autre conservateur champion du Brexit, John Redwood, avait conseillé à ses clients d’une société de gestion d’investir leur argent en Europe.

Prêcher le nationalisme pour domestiquer la population, se servir de l’État comme d’une vache à lait et transporter son capital là où il sera le plus rentable, est le comportement usuel des bourgeois de tous les pays. Mais les circonstances de la crise font que les petites manœuvres des politiciens britanniques et des capitalistes qui les soutiennent et les financent se sont transformées en l’imbroglio du Brexit, dont ils n’arrivent pas à se sortir.

Face à l’irresponsabilité, à l’avidité et aux mensonges de ces milliardaires, le capitalismexit s’impose.

Paul SOREL