Le bout du tunnel pour les travailleurs ? Le retour des luttes collectives !

16 Décembre 2020

« La France s’en sort mieux que ses voisins », voilà tout ce que trouvent à dire Macron et Castex au bout de dix mois d’incurie, de mensonges, d’improvisations, et près de 60 000 décès !

Et c’est loin d’être terminé, car la campagne de vaccination va prendre des mois. Des mois pendant lesquels nous risquons une troisième vague. Des mois d’interdits et de contrôles car, si le gouvernement est incapable de gérer la crise efficacement, il profite de la situation pour tenter d’affirmer son autorité.
Les théâtres et les cinémas, qui s’étaient préparés pour rouvrir et assurer les fêtes, ne rouvriront pas avant janvier. Quant aux fêtes, elles devront se réduire au minimum, avec un couvre-feu à 20 heures pour le 31 décembre. Et Darmanin promet des contrôles !

Macron nous avait promis, il y a trois semaines, « de la clarté » et de la « cohérence » car, disait-il, « rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin ». C’est encore raté ! Et « morosité » est un mot faible. Pour des millions de travailleurs, c’est de l’angoisse pour les semaines, les mois, voire les années à venir.

Derrière les fleuristes, les chefs étoilés, les artistes, les responsables de station de ski qui décrivent la catastrophe économique qu’ils subissent, il y a des salariés. Il y a les travailleurs qui, avec le chômage partiel, perdent du salaire et accumulent les dettes. Et il y a tous ceux qui ont perdu un emploi précaire.

Des millions de travailleurs ont vu leurs conditions de vie et leur pouvoir d’achat s’effondrer avec l’explosion du chômage. Ils se démènent entre impayés et retards de loyer. Se nourrir correctement, se chauffer est devenu de plus en plus difficile pour beaucoup. Le gouvernement incite la population à se faire plaisir à Noël en achetant des produits artisanaux. Mais des millions de personnes ne remplissent leur frigo que grâce aux associations caritatives. Si elles réussissent à faire un extra pour les fêtes et à acheter des cadeaux pour les enfants, ce sera aussi grâce à celles-ci.

Pas un jour ne passe sans que de nouveaux licenciements soient annoncés. Dernièrement Elior, le géant de la restauration, a annoncé 1 888 suppressions d’emplois ; Disney, 1 000 sur son site de Marne-la-Vallée. Cela s’ajoute à la liste déjà longue de Bridgestone, Danone, Hutchinson, Renault, Airbus, Air France, Auchan... En novembre, une officine gouvernementale a comptabilisé 67 000 suppressions de postes annoncées dans le pays.

Quand il ne s’agit pas de licenciements, il s’agit d’attaques contre nos conditions de travail : tentatives de faire du sous-effectif la norme, attaques mesquines contre des primes ou des repos compensateurs, contre les congés… Contrairement à l’épidémie de Covid, ces attaques ne doivent rien à la nature. Les travailleurs sont confrontés à un virus qu’ils connaissent bien : le virus du profit et de la rapacité patronale.

Bien que l’État se soit substitué au patronat pour payer le chômage partiel, les grands groupes, c’est-à-dire ceux qui ont des millions en réserve, restructurent à tour de bras, alimentent l’explosion du chômage et de la misère. Le grand patronat mène la lutte de classe et il est sans pitié.

Le patronat est à l’offensive pour accroître l’exploitation. Alors, partout, il faut que les travailleurs se défendent. Certains le font déjà dans bien des entreprises.
À Villeurbanne, les ouvriers de General  Electric ont fait trois semaines de grève contre des suppressions de postes et ont forcé la direction à en réduire le nombre. Dans son usine  d’Orléans, le groupe pharmaceutique Delpharm voulait supprimer une semaine de congés payés et treize jours de RTT, tout en imposant aux salariés 35 minutes de travail gratuit par jour : la grève a contraint la direction à reculer en partie.

Toutes les luttes collectives pour nos intérêts sont positives. Et il n’y en a pas de petites. Même quand elles n’amènent pas la victoire, elles permettent de renouer des liens de solidarité et de confiance, et cela compte pour l’avenir.

Car le plus dur reste à venir. Pour l’instant, le gouvernement ouvre son chéquier et il donne sans compter aux plus gros, faisant exploser la dette de l’État. Dès que l’épidémie sera derrière nous, il la fera payer au monde du travail, en commençant par s’attaquer à nos retraites. La vraie sortie de crise pour les travailleurs, ce sera le moment où ils renoueront avec la lutte pour faire payer la bourgeoisie, dont les affaires et les profits ont été assurés par le gouvernement. Ces milliards qui sont aspirés par la finance et enrichissent une toute petite minorité capitaliste, il faut aller les chercher !

Bulletins d’entreprise du 14 décembre 2020