FedEx – Roissy : des débrayages qui font du bien

16 Décembre 2020

Entre le 8 et le 10 décembre, plusieurs centaines de travailleurs ont participé à des débrayages à l’appel des syndicats sur le site de FedEx situé dans la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Dans cette entreprise de transport de colis, où travaillent près de 3 000 personnes, dont 700 intérimaires, l’activité a continué pendant tout le confinement du printemps, mais la direction a refusé de verser une prime Covid. Alors lorsqu’elle a annoncé une augmentation générale de seulement 24 euros brut, cela a été jugé insultant par nombre de salariés. Ils se sont mobilisés pour une vraie augmentation des salaires et, dans l’immédiat, une prime de 500 euros pour la période des fêtes. Cela a aussi été l’occasion de dénoncer le manque de matériel de manutention, les contrats à temps partiel qui ne permettent pas de joindre les deux bouts, et les modifications d’horaires imposées dans certains secteurs où les travailleurs se retrouvent à faire des journées à rallonge.

FedEx aurait largement les moyens d’augmenter les salaires ainsi que d’embaucher : sur trois mois, de juin à août 2020, son bénéfice a atteint 1,28 milliard de dollars, pour un chiffre d’affaires en hausse de 13 % par rapport à la même période en 2019.

La direction a prétendu dans la presse que la production n’avait pas été affectée par les débrayages. Mais cela ne l’a pas empêchée d’essayer d’intimider les grévistes, en dépêchant un huissier sur le lieu de travail ainsi qu’en envoyant un mail à chacun d’entre eux. Comme tout patron, FedEx n’a peur que d’une chose : que les ouvriers redressent la tête et réagissent collectivement. Ces actions ont apporté une bouffée d’oxygène, d’autant plus que, pour beaucoup, c’était leur premier débrayage. Même si la direction n’a pas reculé, c’est un encouragement pour tous ceux qui refusent de continuer à se serrer la ceinture pour les profits des actionnaires de FedEx.

Correspondant LO