Venezuela : le parti chaviste gagne les élections

09 Décembre 2020

Le 6 décembre, les élections législatives vénézuéliennes ont été remportées sans surprise par le parti chaviste, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV). La participation a été faible mais le parti de Nicolas Maduro, qui a succédé à Hugo Chavez, aura la majorité des sièges du Parlement.

Le PSUV obtient 67,5 % des votes, contre 22 % répartis entre deux partis de droite et 2,7 % au Parti communiste. La participation aux élections n’a été que de 31 %. Il y a à cela plusieurs raisons. La partie de la droite liée à Juan Guaido, qui en 2019 s’était proclamé président du Venezuela avec l’appui des États-Unis et d’une cinquantaine d’États dont la France, appelait à boycotter cette élection. Elle entendait ainsi disqualifier ce scrutin et le régime chaviste. Mais cela a surtout contribué à diviser les voix de droite.

Bien sûr, Guaido comptait sur le soutien de Washington. Mike Pompeo, le chef de la politique extérieure américaine, vient encore de déclarer qu’il considère toujours Guaido comme le président légitime. Plusieurs pays comme la Colombie lui emboîtent le pas. Le hic, pour les deux hommes, est que Trump ne peut plus se dire légitime. Il est difficile de savoir quelle politique mènera Biden et surtout quel sera l’avenir du blocus économique qui a largement contribué à plonger le Venezuela dans le chaos.

La crise économique frappe durement ce pays depuis plusieurs années, avec pour conséquences d’importantes privations en nourriture et en médicaments dans les quartiers populaires. L’exil qu’elle a engendré, faisant éclater des familles qui ont fui vers les pays voisins, a largement contribué à éloigner des urnes quelque deux millions d’électeurs chavistes. Et bien sûr le Covid n’a pas arrangé les choses. On estime qu’aujourd’hui le pays a perdu 75 % de son produit intérieur brut et que l’inflation dévore les salaires : il faut un million de bolivars, la monnaie locale, pour acheter un dollar !

Maduro n’ignore pas qu’il a perdu une partie de ses soutiens populaires, mais il sait pouvoir encore compter sur l’armée, qui a bénéficié du régime. Ce n’est pas pour rien qu’il a finalement voté dans une caserne alors qu’il devait initialement le faire dans un quartier. Il s’est réjoui de la reconquête de la Chambre des députés, perdue en 2015, mais ce n’est pas cela qui permettra à la population de sortir de la crise. Pour cela, les travailleurs et les classes exploitées devront retrouver des perspectives de lutte, bien au-delà de ce que leur ont proposé un Chavez et un Maduro, pour ne pas parler d’un Guaido.

Jacques FONTENOY