Sissi à Paris : l’ami de Macron

09 Décembre 2020

Pour la troisième fois depuis son coup d’État en 2013, le maréchal président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a été accueilli en grande pompe à Paris, du 6 au 8 décembre.

Il a rencontré tout le gratin politique, de Macron et son Premier ministre, Castex, aux deux présidents du Parlement, en passant par des dirigeants de droite et du PS, ou la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Comme à chaque fois qu’un président français accueille un dictateur, Macron a fait quelques allusions aux droits de l’homme, pour donner le change à l’opinion publique française. Comme d’habitude, ces légères critiques n’ont pas duré très longtemps. « J’ai eu l’occasion d’évoquer, comme on le fait entre amis, en confiance et toute franchise, la question des droits de l’homme », a même précisé Macron. Il a aussi félicité son ami al-Sissi d’avoir libéré trois militants des droits de l’homme avant son arrivée à Paris, alors que plus de 60 000 opposants, dont de nombreux travailleurs combatifs, des syndicalistes, des journalistes. sont toujours emprisonnés et le plus souvent battus et torturés !

« Je ne conditionnerais pas notre coopération en matière de défense comme en matière économique à ces désaccords », a ajouté Macron. Les affaires sont prioritaires sur tout le reste ! L’excédent commercial avec l’Égypte représentait en 2019 plus de 1,6 milliard d’euros, en progression de 68 % par rapport à l’année précédente.

Pour le plus grand bonheur des trusts de l’armement comme Dassault, Thales ou Naval Group, la France est le premier fournisseur d’armes de l’Égypte, devant même les États-Unis. Entre 2012 et 2017, ces ventes ont représenté plus de quatre milliards d’euros : avions, tanks, navires de guerre, sans oublier des satellites de télécoms militaires et autres matériels de surveillance électronique, toujours utiles pour réprimer et terroriser les populations.

Le dictateur égyptien constitue un allié sûr de l’impérialisme français, un « ami » pour reprendre l’expression de Macron. Cette amitié durera tant qu’elle correspondra aux intérêts des groupes capitalistes français.

Arnaud LOUVET