Quand Macron fait mine de s’occuper de l’éducation

09 Décembre 2020

Macron avait annoncé, lors de son discours du 2 octobre sur les « séparatismes », l’obligation de l’instruction à l’école dès trois ans et dès la rentrée 2021, rendant « l’instruction à domicile strictement limitée, notamment aux impératifs de santé ».

Il a dû reculer devant les mises en garde du Conseil d’État et la mobilisation d’associations de parents pour l’instruction à domicile.

L’instruction à la maison, qui concerne aujourd’hui 50 000 enfants, soit 0,4 % des 12,5 millions d’enfants scolarisés, est autorisée sous certaines conditions depuis Jules Ferry. Elle fut une tradition encore bien plus ancienne dans certaines familles bourgeoises très catholiques ou protestantes, et elle reste toujours à la mode dans certains de ces milieux qui se sont mobilisés.

Un grand nombre de jeunes se trouveraient « totalement hors système », avait dénoncé Macron, ce qui les éloignerait des « valeurs de la république ». Il en avait profité pour dénoncer les écoles clandestines sous influence islamiste, parlant d’écoles sans « fenêtres », de « femmes en niqab qui les accueillent », de « prières durant certains cours ».

Macron s’est bien gardé de citer les familles tout aussi minoritaires, mais tout aussi sectaires, de milieux de chrétiens intégristes de toutes obédiences qui n’hésitent pas à couper leur malheureuse progéniture de la vie sociale.

Mais l’éducation de la jeunesse n’est en fait pas la préoccupation de Macron, tout occupé à continuer sa campagne contre les « séparatismes » aux accents xénophobes et antimusulmans.

Aline RETESSE