Climat : de l’eau dans le gaz à effet de serre

09 Décembre 2020

« Je ne veux pas dire que, parce que 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran. » C’est ainsi que Macron s’est agacé sur le média en ligne Brut le 4 décembre, quand de jeunes internautes qu’il essayait de séduire lui ont reproché de ne pas faire grand-chose contre le changement climatique.

Macron en avait déjà fait beaucoup en matière de communication en réunissant la Convention citoyenne pour le climat censée faire des propositions pour réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre en France d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 1990. Macron avait promis d’appliquer « sans filtre » ces 150 propositions, à l’exception de quelques-unes.

À présent, c’est l’inverse : à part quelques mesures qui ne gênent pas les capitalistes, toutes les autres sont écartées, dénaturées ou remises à plus tard. Même le très officiel Haut conseil pour le climat, mis en place par Macron l’an dernier, reconnaît que les actions climatiques du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux ni des objectifs.

Certains de ces 150 citoyens se rendent à présent amèrement compte qu’ils ont servi de faire-valoir et que le bilan de leurs réunions médiatisées se limite à interdire les terrasses chauffées des cafés et restaurants, pour l’instant fermés.

En fait, cette incapacité à lutter contre les causes du changement climatique ne se résume pas à une absence de volonté des dirigeants politiques à la tête des États. Leur dévouement aux intérêts d’une minorité de capitalistes qui dirigent une économie entièrement tournée vers le profit individuel paralyse toute tentative de s’attaquer sérieusement au problème.

Il faudra arracher à la bourgeoisie son pouvoir sur l’économie, pour mettre réellement celle-ci sous contrôle des travailleurs et la gérer en fonction des intérêts présents et futurs de l’humanité.

Lucien DÉTROIT