Travailleurs immigrés : accès aux soins réduit

02 Décembre 2020

Une restriction de l’accès aux soins, entrée en vigueur au 1er janvier dernier et suspendue de mars à juin en raison de la pandémie, va dorénavant commencer à frapper des centaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière.

Cette mesure concerne les travailleurs étrangers dont le titre de séjour arrive à expiration. Jusqu’alors, ils bénéficiaient encore de l’Assurance maladie pour une durée d’un an. Désormais, celle-ci sera réduite à six mois seulement, voire même à deux mois pour ceux à qui la police a infligé une obligation de quitter le territoire français (OQTF). 800 000 travailleurs seraient touchés, selon les estimations de Médecins du monde.

Cette décision vient s’ajouter à la liste déjà longue d’attaques visant à rendre la vie, quand ce n’est pas la survie, de plus en plus difficile à cette fraction la plus exploitée de la classe ouvrière. Refus du statut de réfugié, baisse de la durée des titres de séjour, difficultés à prendre un rendez-vous en préfecture pour obtenir ou renouveler le titre en question, tout cela s’ajoute.

Privés de l’accès à l’Assurance maladie, ces travailleurs n’auront d’autre choix que de se tourner vers l’aide médicale d’État, l’AME. Mais, là encore, des obstacles ont été ajoutés. Suite à un décret du 30 octobre, les bénéficiaires de cette AME ne peuvent plus déposer une demande d’ouverture des droits par Internet ni par l’intermédiaire d’une association. Ils doivent désormais se présenter eux-mêmes au guichet de la Caisse primaire d’Assurance maladie, avec les risques de contrôle policier que cela implique.

On pourra ainsi avoir monté les murs d’un hôpital, ou même y avoir travaillé des années, sans avoir le droit de s’y faire soigner !

David Mencas