SNCF région Centre : du blé sur les rails

02 Décembre 2020

Fret SNCF Nord-Atlantique a annoncé fin octobre la suppression de 82 postes. Trente agents de conduite sont concernés, neuf agents au sol à Saint-Pierre-des-Corps à côté de Tours, autant à Vierzon dans le Cher et cinq aux Aubrais-Orléans.

Ce qui a mis aussi en colère de nombreux cheminots est que, quasiment à la même date, Fret SNCF s’est vanté dans sa communication interne d’avoir regagné pour trois ans le contrat SICA, un des principaux clients de la zone, avec 500 à 700 trains de céréales vers les silos du port de La Rochelle. Tous comprennent bien que la direction du Fret compte faire ces trains en surexploitant au maximum les cheminots qui resteraient.

Du côté des postes d’aiguillage, les cheminots de la Beauce et du Triage se sont rassemblés à deux reprises contre la suppression de postes, notamment la télécommande de la gare d’Artenay et les fermetures de postes de voies de service, et contre le manque de personnel. Le manque d’effectifs est tel que les périodes de travail de six jours, donc des semaines de 48 heures, et les suppressions ou décalages de repos sont monnaie courante.

Les agents n’acceptent pas d’avoir travaillé toute l’année et de ne pas pouvoir prendre suffisamment de congés alors que, pour certains, il reste une vingtaine de jours de congés à prendre sur 28. Et on approche de la fin de l’année ! Ils ont commencé à faire circuler une pétition pour associer un maximum de leurs camarades de travail à leur protestation et envisagent une grève en décembre.

Gouvernement et direction SNCF multiplient les déclarations sur l’utilité sociale du train et la « reconquête du fret ferroviaire ». Mais quand subventions il y a, elles servent à augmenter la rentabilité et à supprimer des emplois ! Le mécontentement monte dans bien des secteurs et, face à tous ces mauvais coups, la riposte est nécessaire.

Correspondant LO