Pontcharra : Lydia vit ici, travaille ici, elle reste ici !

02 Décembre 2020

C’est avec joie et larmes que Lydia Guinnou-Veyrat et ses collègues de travail ont appris la bonne nouvelle : l’obtention d’un titre de séjour pour cette aide-soignante d’un Ehpad de Pontcharra, petite ville de l’Isère, proche de Chambéry.

Originaire du Bénin, venue en France en mai 2019, Lydia avait obtenu un CDI et, après le décès de son mari français, elle espérait le renouvellement de son titre de séjour. Mais le préfet de Savoie, département où elle habite, en avait décidé autrement, lui signifiant une OQTF (obligation de quitter le territoire) au prétexte qu’elle « ne justifiait d’aucune insertion particulière dans la société française » ! Un comble, pour une aide-soignante qui n’a pas ménagé ses efforts en pleine épidémie.

Autant dire que l’expulsion brutale d’une première de corvée souleva d’abord l’indignation et la mobilisation de tous ses collègues de travail et du corps médical. Puis, se répandant d’Ehpad en familles, et bien au-delà de la ville, la mobilisation s’amplifia : pétition, appel aux associations, partis, syndicats, interpellation du préfet, ministre, etc. La presse et les réseaux sociaux amplifièrent cet élan de solidarité. C’est ainsi qu’une infirmière du Nord, pour soutenir Lydia, recueillit plus de 38 000 signatures en l’espace de quatre jours !

C’est la veille d’une manifestation de soutien pour elle et tous les migrants, prévue le samedi 28 novembre à Chambéry, qu’Olivier Véran et Marlène Schiappa annonçaient qu’ils lui avaient décroché un titre de séjour, « émus » qu’ils étaient par la situation de Lydia. Ben voyons ! Personne n’est dupe et tous savent que, sans leur mobilisation, Lydia n’aurait rien eu.

Malgré la bonne nouvelle, une centaine de personnes ont quand même tenu à manifester le lendemain à Chambéry pour dire stop à la chasse aux migrants orchestrée par ce gouvernement flanqué d’un préfet de Savoie aux méthodes expéditives.

Correspondant LO