Hôtels de luxe à Paris : les milliardaires à l’offensive

02 Décembre 2020

Les groupes internationaux milliardaires, qui possèdent la plus grande part des hôtels de luxe à Paris, sont passés à une offensive brutale contre leurs salariés.

Depuis huit mois, le chômage partiel de masse est pris en charge par l’État, mais le personnel, lui, n’est rémunéré qu’à 84 %, soit une perte de 2 à 300 euros tous les mois. De plus, dans le cadre de l’aide prolongée en 2021 « en faveur du secteur touristique », les grands groupes hôteliers ont été abreuvés de milliards largement distribués par le gouvernement. Mais le patronat richissime de ces hôtels en veut encore plus.

Ainsi l’hôtel Warwick, qui fait partie d’un groupe de plusieurs hôtels, et le groupe Accor, pour les hôtels Sofitel Arc de Triomphe et Sofitel Le Faubourg, tous trois situés dans le 8e arrondissement de Paris, ont utilisé par périodes de trente jours la procédure de licenciement de moins de dix personnes. Cette procédure leur permet de jeter à la rue les salariés, sans même devoir en passer par un plan social. Le PDG du groupe Accor avait pourtant tenu à se faire de la publicité au début du premier confinement en déclarant devant les médias : « Jamais le groupe Accor ne licenciera son personnel. » Et d’ajouter : « Nous nous faisons l’honneur de conserver la totalité de nos effectifs… Cela fait partie de notre morale d’entreprise. » On voit la portée de cette morale !

Le Méridien et Le Crillon, qui regroupent plus de 600 salariés chacun, ont mis en route des plans de suppressions d’effectifs qui touchent environ 200 salariés dans chaque établissement. Quant aux patrons de l’hôtel cinq étoiles Le Collectionneur, où travaillent 250 salariés, ils annoncent aux syndicats que la masse salariale de l’hôtel est un problème, ce qui est une menace assez claire.

Le milliardaire saoudien al-Jaber, grand ami des politiciens français, dont le fameux Balkany, s’est fait fort à plusieurs reprises depuis huit mois de ne pas payer en temps et en heure les salaires des travailleurs de ses hôtels de luxe, le Balzac, le De Vigny, le La Trémoille, etc. La liste des attaques contre les salariés des hôtels de luxe de Paris n’est pas close.

En plus des suppressions d’emplois, les directions d’entreprise ont commencé un peu partout ce qu’ils appellent « les regroupements de fonctions ». Du personnel de cuisine aux femmes de chambre, tous pourraient ainsi être amenés à faire deux postes au lieu d’un. Ces patrons estiment que la situation est favorable pour renforcer l’exploitation et ils en profitent.

Des syndicats CGT ont appelé le personnel de tous les hôtels de luxe à se joindre, derrière leurs propres revendications, à la manifestation traditionnelle des sans-emploi du 5 décembre. Les salariés, isolés les uns des autres car depuis huit mois en chômage partiel, sont dans une situation difficile pour se défendre, mais ils doivent saisir toutes les occasions de se regrouper.

Paul SOREL