Fonds de solidarité aux entreprises : les robinets sont ouverts

02 Décembre 2020

Dans la foulée de l’intervention d’Emmanuel Macron le mardi 24 novembre, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire est intervenu pour assurer aux entreprises que relâcher le confinement n’implique pas de refermer les vannes de l’argent public mis à leur disposition, bien au contraire.

Un fonds de solidarité aux entreprises avait été mis en place pendant le premier confinement. Il permettait aux entreprises de moins de dix salariés et aux micro-entrepreneurs déjà en activité au mois de mars 2019 de recevoir une aide de 1 500 euros par mois. Un certain nombre d’artisans et de commerçants avaient ainsi pu continuer à percevoir un revenu malgré l’impossibilité de travailler. Le second confinement avait déjà été l’occasion d’élargir la portée de ce fonds, permettant aux entreprises de moins de 50 salariés de percevoir jusqu’à 10 000 euros d’aide par mois, en fonction du secteur et de la chute de leur activité.

Le Maire annonce maintenant un nouvel élargissement du nombre d’entreprises susceptibles d’en bénéficier, grâce à une rallonge de 1,6 milliard d’euros. Au titre du mois de décembre, quelle que soit leur taille, toutes les entreprises fermées administrativement ainsi que certains secteurs autorisés à ouvrir, comme l’hôtellerie, pourront choisir entre deux types de subventions : soit un versement allant jusqu’à 10 000 euros, soit une indemnité équivalant à 20 % du chiffre d’affaires de décembre 2019, avec un maximum de 200 000 euros.

En huit mois, on est donc passé d’une aide de 1 500 euros mensuels adressée à des entreprises de moins de dix salariés, à une subvention pouvant atteindre 200 000 euros par mois pour des entreprises faisant un chiffre d’affaires mensuel de plus de 1 million d’euros. Ces aides s’ajoutent d’ailleurs à de multiples autres, notamment le paiement d’une partie des salaires via le chômage partiel.

Pour vampiriser l’argent public, les capitalistes savent se souvenir de l’adage « on a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Les même n’ont cependant aucun scrupule à écraser commerçants, artisans ou micro-entrepreneurs, quand ils y trouvent profit.

Sacha Kami