Restos du cœur : face à la vague de la pauvreté

25 Novembre 2020

Mardi 24 novembre, les Restos du cœur ont lancé leur 36e campagne, alors que la crise économique, aggravée par la situation sanitaire, fait des ravages.

L’année dernière, l’association avait accueilli 875 000 personnes et distribué 136,5 millions de repas. Elle s’attend cette année à dépasser la barre symbolique du million de personnes secourues. Les inscriptions ont augmenté de 45 % en Seine-Saint-Denis. De plus en plus de jeunes viennent demander du secours. Un bénéficiaire sur deux a désormais moins de 25 ans.

Les bénévoles de l’association se battent pour essayer de faire face, accélérant les cadences de distribution, multipliant les appels à l’aide. Mais la disparition des petits boulots, la suppression des contrats précaires, la généralisation du chômage au sein des familles ont plongé en quelques mois plus d’un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

Tous les trésors de dévouement ne suffiront pas à contrecarrer l’entreprise de destruction massive du niveau de vie des classes populaires qu’engendre le capitalisme en crise. La minorité de grands possédants est prête à laisser sombrer une fraction croissante de la population dans la misère plutôt que de voir écorner sa fortune.

Assurer le minimum de bien-être à tous, répondre aux besoins en répartissant le travail entre tous les bras disponibles, n’a pourtant rien d’une utopie. Il est possible de garantir l’accès à une vie digne à tous ceux qui n’ont que leur travail pour vivre, un travail dont dépend le bon fonctionnement de toute la société, mais cela implique la prise de contrôle des moyens de production et des richesses par le monde du travail.

Gilles BOTI