Amazon – Brétigny : le Père Noël est une ordure

25 Novembre 2020

Dans une pétition qui circule ces derniers jours, des élus de gauche et des ONG affirment : « Cher père Noël, cette année, nous prenons l’engagement d’un #NoëlSansAmazon. »

Quand, comme eux, de nombreux politiciens appellent hypocritement à boycotter Amazon, ils ne se posent pas la question du sort des milliers de salariés qui y travaillent.

Pourtant, s’il y en a qui n’ont pas de cadeaux à attendre de Jeff Bezos, ce sont bien eux. Au centre de distribution Amazon de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, les quelque 3 000 préparateurs de commande sont pour la plupart intérimaires et payés au smic. Habitant dans toute la région parisienne, certains doivent partir de chez eux avant 2 heures du matin pour enchaîner les bus de nuit et pointer à 6 heures.

En prévision du Black Friday et de Noël, la direction impose le travail le week-end et fait pression pour les heures supplémentaires. Mais dans le même temps, à la prise de poste ou à la pause, elle renvoie chez eux ceux qu’elle estime finalement de trop et qui ne sont en conséquence ni payés ni même dédommagés pour le transport.

Les salariés doivent pouvoir travailler sans crainte d’être contaminés. Mais même les mesures contre le Covid-19 aggravent les conditions de travail. Un parcours aménagé, surnommé « le labyrinthe », a été mis en place pour espacer physiquement les travailleurs sur le chemin qui mène à la cantine ou au portique d’entrée. Résultat : il faut maintenant courir un véritable marathon pour arriver à l’heure. Des vitres en plexiglas ont été disposées entre les postes de travail fixes, ce qui donne l’impression de travailler en cage. Cela étant, le souci de la direction pour la santé des ouvriers n’a pas été jusqu’à affréter des navettes en nombre suffisant : pour aller et venir de la gare, il faut s’entasser dans un bus toujours bondé.

Le slogan d’Amazon est « Travaillez dur, amusez-vous, écrivez l’histoire ». Pour l’instant, la direction utilise la peur du chômage pour faire travailler dur. Pour écrire l’histoire à leur façon, les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes, sans rien attendre du patron, ni des responsables politiques, ni du père Noël.

Correspondant LO