Municipalités : la situation se dégrade

18 Novembre 2020

Le 14 novembre, plus d’une centaine de maires ont envoyé une lettre ouverte à Macron, lui demandant de consacrer 1 milliard d’euros aux communes dont la situation se dégrade au point qu’elles n’arrivent pas à venir en aide aux plus démunis. Cette somme correspond à 1 % du budget destiné au plan de relance.

La date choisie n’est pas anodine : il y a trois ans exactement, dans son discours fait à Tourcoing, Macron avait lancé un précédent plan, qualifié celui-là de mobilisation nationale, pour les quartiers populaires grevés par les coupes budgétaires décidées en haut lieu, alors que l’aggravation de la pauvreté faisait retomber sur les communes des charges supplémentaires. Mais, si la pauvreté est flagrante dans des banlieues ouvrières ou des villes de province désertées, elle n’épargne pas non plus les petites communes dans lesquelles les maires se débattent pour tenter de boucler leur budget.

Les signataires de la lettre constatent qu’en fait depuis trois ans aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour aider les villes en difficulté et qu’avec la crise sanitaire qui amplifie les difficultés, « le sentiment qui domine est celui de non-assistance à territoires en danger ».

Présenté comme historique et destiné à faire repartir l’économie après la crise du Covid, le plan de relance du gouvernement se compose en grande partie d’aides aux entreprises via les volets écologie et compétitivité. Quant au troisième volet, celui de la relance sociale, il annonce certes de beaux projets tels que le soutien aux personnes précaires, aux associations de lutte contre la pauvreté, etc., mais les communes n’en ont pas encore vu la couleur.

Une lettre ne suffira certainement pas à infléchir la politique du gouvernement, pour qui l’argent public est destiné aux riches et aux possédants. Elle témoigne au moins de la situation, et de la colère qui s’accumule chez des milliers de personnes plongées dans la misère, plus à cause de dirigeants politiques qui les méprisent que de la crise sanitaire liée au Covid.

Marianne LAMIRAL