Grande distribution : chômage partiel, profit total

18 Novembre 2020

Prenant prétexte de la fermeture de rayons non essentiels dans les magasins, plusieurs groupes de la grande distribution ont annoncé qu’ils allaient imposer le chômage partiel à une partie des salariés, faisant ainsi payer tout ou partie de leurs salaires par l’État.

Chez Carrefour, cela devrait concerner 85 000 salariés. Ceux qui travaillent dans les rayons fermés seront en chômage deux ou trois jours par semaine. Pour les autres, ça sera un jour par quinzaine. À l’exception des drives et de la logistique, tous les secteurs seront concernés. Auchan, quant à lui, n’a pas communiqué le détail des mesures mais a d’ores et déjà annoncé qu’il ne versera pas de complément aux 84 % du salaire pris en charge par l’État.

Face aux critiques qui commençaient à se faire entendre, la ministre du Travail est montée au créneau pour justifier ce nouveau cadeau aux capitalistes. Pour justifier cette attaque, elle a ainsi repris à son compte les arguments du patronat sur la baisse de fréquentation, que les travailleurs ne constatent pas.

Et, même si elle était effective, ce ne serait pas à eux d’en faire les frais. Ces groupes richissimes auraient largement les moyens de payer pour maintenir les salaires et les emplois. Carrefour, après avoir versé 182 millions de dividendes aux actionnaires cet été, vient d’annoncer une croissance mondiale de 4 % au troisième trimestre, un record depuis vingt ans, paraît-il. Pour Auchan aussi, l’argent coule à flots. Les bénéfices sont en hausse de 15 % au premier semestre et atteignent 1,24 milliard d’euros.

La politique patronale qui consiste à se débarrasser, temporairement ou définitivement, d’une partie des travailleurs pour surexploiter ceux qui restent est inacceptable. Les travailleurs devront imposer leur propre politique : prendre sur les profits pour répartir le travail entre tous sans perte de salaire.

David Mencas