Blanquer : leçon de mépris

18 Novembre 2020

Jeudi 12 novembre, lors de la conférence de presse du gouvernement sur la crise sanitaire, le ministre de l’Éducation nationale, Blanquer, a eu le culot de s’attribuer les aménagements imposés dans les lycées par des grèves d’enseignants ou les mobilisations des élèves à la rentrée de vacances de Toussaint.

Et encore, les mesures pour limiter le nombre d’élèves concentrés le même jour dans les lycées seront décidées établissement par établissement.

En fait, pour Blanquer, et cela depuis la rentrée de septembre, il était hors de question de prendre des précautions réelles contre la propagation du virus dans les établissements, en dehors de répéter la nécessité des gestes barrières et de porter le masque. Aucune embauche d’agents d’entretien, de surveillants ou d’enseignants n’a été faite pour améliorer la situation. Même les équipements de désinfection de base ont été bien souvent le fait d’interventions du personnel. Après avoir imposé que rien ne change dans les collèges, pour que tous les élèves restent en cours, le ministère annonce de prétendus aménagements pour les 4e et les 3e uniquement, et seulement dans certains collèges. En revanche, dans les écoles, tout continue comme avant les vacances d’automne, à l’exception du masque désormais obligatoire dès 6 ans.

Depuis septembre, Blanquer prétend qu’il veut éviter au maximum d’éloigner de nouveau les jeunes et les enfants des établissements, car cela pénaliserait ceux issus des milieux les plus pauvres. Il est sûr que la diminution et, encore pire, l’annulation des cours en classe avec un enseignant accentuent les inégalités et renforcent les difficultés, ne serait-ce dans des familles où il n’y a aucun équipement informatique.

Au lieu de déployer des moyens d’urgence pour essayer tout à la fois de limiter la circulation du virus et de maintenir des élèves dans un cadre scolaire, Blanquer ne se préoccupe que d’aider les patrons à garder au travail le maximum de monde. L’intérêt des enfants ne compte guère pour ceux qui nous gouvernent.

B.S.