Spéculation : “pognon de dingue” dans une société folle

11 Novembre 2020

Il a suffi de l’annonce d’un possible vaccin à venir contre le Covid-19 pour que les cours des actions des grandes entreprises, sur toutes les places financières, accentuent leurs mouvements de yoyo.

Lundi 9 novembre, à l’annonce par le géant pharmaceutique Pfizer de bons résultats pour les essais de son vaccin expérimental, le CAC-40, indice de cotation des plus grandes entreprises françaises, a progressé de près de 8 % en moyenne. Ce sont les secteurs les plus fortement touchés par la crise, comme l’aéronautique ou le transport automobile, qui ont affiché les progressions les plus spectaculaires : 31,38 % pour Air France, 29 % pour Europcar, tandis que des entreprises ayant connu un regain d’activité lié à la pandémie et aux mesures de confinement voyaient le cours de leur action baisser, comme celle de la plateforme vidéo Zoom qui a dégringolé de plus de 17 %. Un spécialiste a eu ce commentaire, tout en misogynie ordinaire : « Les marchés sont ultrasensibles, un peu comme les jeunes filles. Mais comme elles, ils sont parfois peu rationnels et démarrent trop vite » !

Si sensibilité il y a, il s’agit de celle de capitalistes réagissant au quart de tour à la perspective de réaliser de bonnes affaires. Peu importe que le vaccin, même prometteur, en soit à un stade expérimental et qu’on ne sache pas quand il sera disponible, peu importe que ces hausses et baisses des cours n’aient pas grand-chose à voir avec les résultats des entreprises et peu importe que la flambée soit aussi éphémère qu’intense.

Spéculer c’est parier, à la hausse ou à la baisse, pour ramasser le pactole, comme sur n’importe quel tapis vert de casino. Cela n’empêchera pas Air France et les autres de mener à terme leurs plans de suppression d’emplois, mais permet à des spéculateurs de doubler la mise.

Nadia CANTALE