“Sécurité globale” : un permis de bavure !

11 Novembre 2020

Lors de l’examen du projet de loi sur la « sécurité globale » à l’Assemblée nationale, le gouvernement a ajouté un volet limitant le droit de filmer des policiers.

Jusqu’à présent, rien n’empêchait les journalistes, voire les simples particuliers, de filmer des policiers en exercice, même si ces derniers prétendaient souvent le contraire. Ensuite, rien n’empêchait de diffuser les films ainsi obtenus.

La proposition d’interdire la diffusion d’images de policiers, portée par deux députés de LREM, dont Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID, est rédigée de manière suffisamment vague pour permettre toutes les interprétations. Selon les députés, cette loi vise à protéger les policiers et les gendarmes de toute utilisation malveillante de ces films et à empêcher de porter atteinte à leur vie privée. Les journalistes ou les particuliers auraient donc toujours le droit de filmer les policiers en intervention. Mais le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’exprimant lui sans fard, a déclaré : « J’avais fait une promesse, celle de ne plus pouvoir diffuser l’image des policiers et des gendarmes sur les réseaux sociaux. Cette promesse sera tenue, puisque la loi prévoit l’interdiction de la diffusion de ces images. »

La diffusion des images tournées par des journalistes et des particuliers permettait à tout le moins de dénoncer les violences policières qui, depuis ces dernières années, sont en augmentation. De plus, quelques policiers étaient peut-être freinés par la présence des caméras. Ce projet de loi est un gage donné à la police et à la gendarmerie.

Le ministre de l’Intérieur leur donne ainsi un permis d’user de plus en plus de violence en toute impunité. Dans cette société qui nourrit les inégalités et les injustices, le gouvernement a plus que jamais besoin des forces de répression chargées de garder cet ordre injuste.

Aline URBAIN