Renault – Flins : des débrayages pour dire “ça suffit !”

11 Novembre 2020

Les mercredi 4, jeudi 5 et vendredi 6 novembre, les travailleurs de différents secteurs de Tôlerie et du Montage de l’usine Renault de Flins, dans les Yvelines, ont débrayé à plusieurs dizaines, qu’ils soient embauchés ou intérimaires.

Dans le secteur des Ouvrants, en Tôlerie, où sont préparés les capots et les portes, la direction avait l’intention de supprimer deux postes par équipe. Pourtant, la charge de travail y est déjà insupportable à la suite des suppressions de postes. Un même travailleur doit donc courir d’un poste à un autre. Un seul ouvrier doit parcourir sans cesse le kitting, un tronçon long d’une vingtaine de mètres, pour alimenter en lourdes pièces la chaîne, dont la cadence est constamment en hausse.

Trop, c’est trop, et les grévistes du jeudi 5 au matin, déterminés à ne pas accepter cette nouvelle aggravation, ont été rejoints par leurs camarades de l’après-midi. La chaîne était à l’arrêt. La direction perdait chaque heure des dizaines de voitures. Les tentatives de la direction de faire appel à des salariés d’autres secteurs, pour remplacer les grévistes, s’étaient heurtées à un refus scandalisé. Quant aux chefs envoyés en escouade pour sortir la production, leurs tentatives se sont elles aussi révélées infructueuses, et même pire. Poser des charnières de portes de Micra sur des Zoe, cela marchait moins bien ! Ils faisaient tomber les installations en panne et les travailleurs de la maintenance comme les retoucheurs ont eu beaucoup de travail. On ne s’improvise pas opérateur sur un poste dur, même à quatre chefs pour remplacer un seul ouvrier.

La direction a reculé en proposant d’annuler la suppression des deux postes. Mais ce n’était pas suffisant : les travailleurs revendiquaient deux postes supplémentaires. Le lendemain, la direction reculait complètement : non seulement les deux postes seraient maintenus sur les deux équipes, mais deux postes supplémentaires seraient ajoutés sur chacune, ainsi qu’un poste de remplaçant pour pallier les absences. Au total, la direction voulait supprimer l’emploi de quatre travailleurs, elle a dû les garder et en rajouter quatre autres !

Parallèlement, au Montage, les mêmes causes créaient les mêmes effets. L’annonce mercredi 4 novembre de la suppression de deux postes au secteur SE8, parmi les plus durs, provoquait le débrayage des travailleurs concernés. Une fois la chaîne arrêtée, la direction a dû rapidement faire machine arrière et le chef de département a dû annoncer le retrait du projet.

Dans l’ensemble, les débrayages viennent rappeler à la direction que sa politique, visant à faire produire aux 4 000 travailleurs présents sur le site le plus possible de véhicules électriques Zoe, en économisant au maximum sur les salaires et le matériel, ne passe pas comme elle le souhaiterait.

Ces débrayages pourraient constituer un début de réponse des travailleurs aux menaces faites par Renault de supprimer 4 600 emplois en France.

Correspondant LO