Plan santé 2021 : deux milliards de moins pour les hôpitaux

11 Novembre 2020

Le collectif inter-hôpitaux et diverses personnalités de la santé publique ont dénoncé le 6 novembre le vote par l’Assemblée nationale, à la veille du nouveau confinement, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Ce projet établit le montant des dépenses de santé publique pour l’année, en particulier celui des hôpitaux publics. Bien loin d’une augmentation des crédits alloués à ceux-ci, pourtant indispensable en ces temps d’épidémie, il s’agit de restrictions supplémentaires.

Les signataires notent : « L’évolution tendancielle des dépenses de santé est chaque année de 4 % environ… Or l’Ondam [qui définit un objectif de dépenses pour les hôpitaux] voté depuis 2008 n’a jamais dépassé une augmentation annuelle de 2,4 %, ce qui est revenu à voter des économies de 1,5 à 2 % chaque année. […] Entre 2008 et 2017, 10 % des établissements ont disparu, 15 % des lits ont fermé. […] La productivité hospitalière a augmenté de 15 %, alors que dans le même temps sa masse salariale n’augmentait que de 2 % et que les dépenses d’investissement chutaient de façon dramatique... Quand l’évolution des salaires du privé était de 1,6 % entre 2009 et 2015, elle a été de – 0,3 % pour les soignants de l’hôpital. »

Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, s’est félicité d’un PLFSS 2021 de responsabilité. « Or, pour 2021, le PLFSS annonce un Ondam de 92,9 milliards, soit un défaut de recettes de près de 2 milliards. Ce budget ne permet même pas de financer la totalité des mesures annoncées par le Ségur de juillet 2020 ni l’augmentation des charges fixes hospitalières. Le Parlement vient donc de cautionner par son vote de nouvelles économies imposées à l’hôpital public. »

Ce constat fait, il reste aux centaines de milliers d’hospitaliers du pays et à la population, première concernée, à imposer une autre politique de la santé.

Paul SOREL