Établissements scolaires : Blanquer face à la mobilisation

11 Novembre 2020

Face à la mobilisation des lycéens et des enseignants, le ministre de l’Éducation nationale a été contraint à un premier recul, acceptant les demi-groupes.

Jusque-là, il prétendait contre toute vraisemblance que le protocole sanitaire avait été renforcé dans les écoles, les collèges et les lycées, alors que rien n’avait été prévu, malgré la deuxiè­me vague de l’épidémie.

Comme il se doit, pour justifier l’injustifiable, le ministre expliquait que tout changement dans l’organisation des établissements était impossible. Rien n’est moins vrai. Pour permettre de scolariser les élèves dans des conditions moins scandaleuses, il faut trouver des locaux et embaucher massivement, afin de constituer des groupes d’élèves plus petits et leur permettre de ne pas s’entasser dans des locaux exigus. Pour cela, il serait possible d’occuper dans bien des villes des centres de loisirs, des salles municipales, des bibliothèques et de réquisitionner des locaux privés. S’il y avait une véritable mobilisation des autorités, et surtout avec la participation des parents, de la population, des solutions seraient trouvées.

On nous dit aussi qu’il n’y a pas assez d’enseignants. C’est vrai : les embauches sont gelées depuis des années ! Mais on pourrait faire appel à des étudiants, par exemple, et trouver des bonnes volontés. Il manque aussi des agents d’entretien, des surveillants, des infirmières, etc. Là encore, le problème n’est pas le manque de volontaires, mais le refus du gouvernement de mettre les moyens pour embaucher.

Le fait que, dans les lycées, les jeunes sont en âge de se garder tout seuls, contrairement aux collèges et aux écoles primaires, n’est pas pour rien dans le recul de Blanquer. Pourtant, les problèmes de sureffectifs dans des classes exiguës ou des salles de réfectoire trop pleines sont identiques pour les collèges et les écoles primaires.

Pour bien faire fonctionner les écoles pendant cette pandémie, il faudrait que l’intérêt général prime sur les intérêts des capitalistes. Et cela, on ne peut pas l’attendre du gouvernement. C’est pourquoi des salariés de l’Éducation nationale, souvent soutenus par les parents, se mobilisent pour imposer d’autres conditions sanitaires. Les manifestations du 10 novembre en sont un exemple.

Marion AJAR