Dans les lycées d’Île-de-France

11 Novembre 2020

Dès la rentrée des vacances de la Toussaint, des lycéens ont fait des blocus. Les enseignants de collèges et de lycées ont fait grève pour exiger le dédoublement des classes, seul moyen d’assurer la distanciation physique dans les classes, les couloirs, la cantine.

Certains proviseurs avaient accepté ces dédoublements, mais partout les rectorats intervenaient pour défaire ce qui paraissait une mesure de simple bon sens.

Alors, dans de nombreux lycées, les enseignants et les lycéens ont pris les choses en main. À Paris, une dizaine de lycées ont été bloqués pacifiquement. Ce qui n’a pas empêché l’intervention brutale de la police.

Au lycée Colbert, mardi 3 novembre, les lycéens ont mis des poubelles devant la porte d’entrée. Lorsque les forces de police sont arrivées, ils se sont mis à genoux devant eux, les mains sur la tête, imitant leurs camarades de Mantes-la-Jolie ainsi arrêtés en décembre 2018. Ils ont été violemment dispersés par la police, qui a ouvert l’établissement. Revenus bloquer dans l’après-midi, quarante d’entre eux ont été verbalisés au hasard.

À Paul-Éluard, à Saint-Denis, le blocus a duré deux jours sans incident. Mais, mercredi 4 novembre, la police était là pour ouvrir le lycée. Très peu de lycéens sont rentrés puisque la majorité soutenaient le mouvement. De nombreuses pancartes ornaient la grille d’entrée : « Si vous ne nous protégez pas, à quoi servez-vous ? » La police, l’après-midi, a saisi le prétexte de poubelles remplies d’essence, pourtant mises à l’abri par les surveillants, pour intervenir violemment et arrêter un jeune au hasard. Cela a déclenché une réaction des lycéens, quatre d’entre eux ont été arrêtés pour rébellion. Mais ces arrestations n’ont pas suffi à éteindre la colère, bien au contraire.

Dès jeudi 5, même si les jeunes étaient relâchés, les lycéens ont continué de bloquer, rejoints par les lycées voisins. Les parents d’élèves, en soutien aux lycéens, ont appelé vendredi 6 à l’école déserte, appel bien suivi, puisque de nombreuses classes étaient vides.

Aline URBAIN