Rentrée scolaire : mécontentement et colère04/11/20202020Journal/medias/journalnumero/images/2020/11/2727.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Rentrée scolaire : mécontentement et colère

Le vendredi 30 octobre, c’est-à-dire trois jours avant la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale Blanquer annonçait une rentrée dans les établissements scolaires dès 8 heures pour tous. Les deux heures d’échanges entre enseignants, initialement prévues étaient ainsi supprimées.

Les enseignants étaient sommés de s’adapter et d’accueillir les élèves sans avoir eu le temps de discuter des conséquences politiques de l’assassinat de Samuel Paty, survenu la veille des vacances scolaires, ni de la façon d’aborder les choses avec les élèves dans les classes. Restait inchangée l’heure prévue pour la minute de silence, qui devait par contre être « strictement » respectée. Cette volte-face a fait partout réagir, aucune des raisons invoquées par Blanquer pour la justifier n’ayant convaincu. Dans certains établissements scolaires, la grève a été décidée dès le lundi 2 novembre. Dans d’autres, les enseignants ont pris d’office le temps pour discuter, malgré l’interdit ministériel.

À la colère provoquée par une décision montrant la volonté du gouvernement d’obliger tout le monde à être aux ordres, s’est ajoutée l’exaspération devant l’absence de moyens permettant d’assurer une rentrée dans de bonnes conditions sanitaires. Le gouvernement a annoncé en effet un protocole « renforcé ». Mais aucune mesure concrète n’a été prise en amont : même nombre d’élèves dans les classes, jusqu’à 35 dans des salles parfois exiguës, même nombre d’enseignants, et donc impossibilité souvent de créer de petits groupes, pas de personnel supplémentaire non plus pour effectuer les tâches de ménage ou pour assurer plus efficacement le service à la cantine. La situation finit même par être totalement ubuesque : il est ainsi recommandé de laisser un mètre entre les élèves et, si cela n’est pas possible de laisser… le plus d’espace possible. Autrement dit, rien ne change.

Le gouvernement ne se préoccupe de l’éducation de la jeunesse que dans ses discours.

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