Propagande gouvernementale : l’invention de l’ “islamo-gauchisme”

28 Octobre 2020

« Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme fait des ravages. […] Ces gens-là favorisent une idéologie qui, ensuite, de loin en loin, mène au pire », a déclaré Jean-Michel Blanquer. Derrière ces propos volontairement flous mais clairement accusateurs, Blanquer cible aussi bien des enseignants d’université, des étudiants, des militants du syndicat étudiant Unef, de la France insoumise.

L’objectif de cette déclaration et de la campagne autour est de faire taire les oppositions. Critiquer les mesures sécuritaires, la loi sur le séparatisme ou bien encore la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, dénoncer la campagne antimusulmans serait, selon le gouvernement, faire le jeu des islamistes. Et les mêmes politiciens qui hurlent à l’islamo-gauchisme n’hésitent pas à faire de la récupération politique odieuse en spéculant sur l’émotion créée par l’assassinat de Samuel Paty.

Le gouvernement voudrait faire croire qu’il y a un lien entre les terroristes et ceux qui critiquent sa politique, son actuelle campagne raciste et sa volonté de faire l’unité nationale derrière lui. Il espère ainsi désarmer, non seulement l’opposition parlementaire, mais surtout ceux qui, parmi les travailleurs n’acceptent pas la situation.

Il n’est pas dit qu’il y arrive, car l’exploitation, elle, ne connaît ni religion ni frontière. C’est en s’unissant, en refusant toutes les divisions, que les travailleurs pourront combattre la barbarie capitaliste.

Camille PAGLIERI